APRES HESDIN. LES FLANDRES
qu'il écrivait, le même jour, la lettre par laquelle Louis XIII aimou- ^ait la bonne nouvelle au maréchal de Ghàtillon : « Cette place est la meilleure et la plus régulièrement fortifiée qui se puisse voir. Elle a six bastions, chacun de cinquante toises de face et de vingt-trois do flanc, le fossé de trente toises de large et profond extraordinairement, y ayant plus de vingt-deux pieds d'eau vive; les contrescarpes doubles, fossoyées et palissadées partout et la courtine de chaque bastion couverte d'une demilune parfaite. La situation en est si avantageuse qu'encore qu'elle soit dans un fond, il n'y a néanmoins aucun commandement qui la puisse incommoder et qu'elle ne se peut attaquer que par le lieu où elle l'a été ; le reste étant dans un marais inaccessible en tout temps. Cela vous fera assez juger de la bonté de la place, qui couvre la plupart de ma frontière de Picardie et me donne une grande étendue de pays dans l'Artois. La garnison était si forte, qu'il en est sorti, lorsqu'elle a été rendue, jusques à deux mille hommes de cavalerie et infanterie. Et parce qu'ayant voulu voir moi-même cette place, où je suis entré par la brèche, j'ai trouvé le succès de ce siège, qui n'a duré que six semaines, très glorieux et avantageux pour mes armes et pour les affaires publiques, même en la conjoncture présente, le cardinal infant, d'Espagne, étant depuis plusieurs jours à dix lieues de la place, préparé à tenter de la secourir avec toutes les forces que le roi d'Espagne a dans les Pays-Bas et une bonne partie de l'armée impériale commandée par le général Piccolomini, qui étoit allé les joindre à grandes journées depuis avoir été par vous obligé de lever le siège de devant Mouzon, j'ai bien voulu vous le faire savoir, afin que vous le communiquiez à mes serviteurs qui sont près de vous (1). »
Vers les Flandres.
Et quelles devaient être les suites de ce beau succès? Le 16 juillet 1639, le cardinal écrivait de Saint-Quentin au grand maître : « Le Roi approuve la proposition que fait Monsieur le
(1) Aubery, Mémoires pour V Histoire du Cardinal Duc de Richelieu, t. III, p. 320.