L.V MEILLERAYK CONTRE l-LENTES
(irand Maître d'aller chercher un poste vers la Flandre.' où rarniéc qu'il commande puisse vivre commodément. On croit qu'on peutprendre sûrement Rumingheim et Anvin sur la rivière du Aa iqui arrose Saint-Omer et se jette dans la mer près de Gravelines), et faire, eu un de ces lieux ou en quelque gros bourg situé entre les deux sur la rivière du Aa, un bon campement par le moyen duquel, ayant des ponts sur la rivière du Aa, il pourra également faire des courses dans la Flandre et dans l'Artois. A cela, on ne juge aucun péril, ayant Aydres et Calais à son derrière pour les vivres et la rivière du Aa pour sa sûreté... Le moins qu'on puisse faire en ce dessein est de manger et faiie manger aux ennemis le meilleur de leur pays (T. •>
Conformément à ces instructions, La Meiileraye s'empare de Rumingheim. Il marche, quelques jours plus tard, contre le marquis de Fuentes, posté auprès du fort de Saint-Nicolas : l'ennemi perd deux mille hommes, laisse trois cents prisonniers et cinq pièces de canon entre les mains des troupes du Roi, et le cardinal écrit au vainqueur : « Je ne saurois vous témoigner la joie que j'ai du bon succès de votre coniljat, que le Roi lui-même a qualifié de bataille avec raison, puisque les deux généraux y étoient, qu'il y avoit infanterie et cavalerie et canon ( 2 1. » Nouveau succès le 23 août : après avoir refait son armée à Anvin, La Meiileraye taille en pièces, dans un marais proche de Saint- Venant, les douze cents hommes du comte Ludovic, général des Croates, puis rentre dans son camp, d'oîi il ne sortira plus que pour quelques coups de main.
C'est de Mouzon que Richelieu l'avait félicité. Le maréchal de Chàtillon se trouvait alors en Luxembourg-, <■< afin de contraindre les ennemis de diviser de plus en plus leurs forces (3) ». Il venait de s'emparer de la ville d'Ivoy, qu'il démantelait, et à propos de laquelle le cardmal avait écrit à La Meiileraye le 9 août : a Le rasement de notre conquête luxembourgeoise sera achevé aprèsdemain; Ivoy aura été et ne sera plus. »
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. VI, p. '134-435.
(2) Ibidem, p. 464.
(3) Ibidem, p. 456.
(4) Ibidem, p. 465.