RICHELIEU ACCEPTE UNE TREVE
coinnie elle fait, à ceux à qui elle demando secours, disait-il, n'est pas le moyen d'en recevoir (1). » Il apprit bientôt qu'une suspension d'armes venait d'être conclue, pour quelques semaines, entie le cardinal de La V^alette et les ,eénérau.\ d'Espagne.
Le premier moment de surprise passé, le cardinal écrivit à La Valette que « la continuer plus longtemps étoit le meilleur expédient qu'on put prendre ». «J'ai cette jîensée pour trois raisons, expliquait-il : la première parce qu'il sera plus difficile <[ue jamais de vous envoyer autant d'hommes que vous en aurez besoin ; la seconde, parce que nous ne sommes pas seulement combattus des ennemis, mais du Piémont et, qui pis est, de l'esprit de Madame et de ses confidents; la troisième, parce qu'une longue trêve est le seul expédient cjui peut, non seulement nous donner moyen d'accommodement avec le prince Thomas, mais, en outre, temps de nous ajuster si bien que nous puissions tirer le fruit de sa réunion... En un mot, la trêve étant utile aux ennemis comme elle est, et l'ayant toujours désirée ardemment comme ils ont fait, votre adresse saura bien ménager les affaires, en sorte qu'on ne connaisse pas qu'elle est désirée de deçà, ce qui n'est, en effet, que depuis qu'on a vu qu'étant maître de la citadelle de Turin, on n'a pu emporter la ville (2j. »
La trêve devait durer du li août au 2i octobre. Les généraux des armées adverses en étaient aux extrêmes courtoisies. Le marquis de Leganès disait, le 16 août, au cardinal de La Valette « qu'il n'y avoit point personne au monde de si grand mérite que Richelieu, qu'il vouloit unir avec lui le comte d'Ohvarès, que celui-ci le désiroit et qu'il avoit mis dans sa chambre la peinture du cardinal (3). » Le prince Thomas paraissait mieux disposé encore : « il désirait un accommodement particulier » et disait à La Valette « que, si le Roi avoit agréable de marier le duc de Savoie avec sa fille, et son fils avec Mlle de Longueville, il se déclareroit pour le Roi (4). » Richelieu estimait que « la
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, p. 476.
(2) Ibidem, t. VI, p. 490.
(3) Ibidem, note.
(4) Ibidem, p. 491, note.