‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 210 sur 219 · LE SORT DE MCE · texte numérisé non relu

LE SORT DE MCE

seule chose à quoi il fallût prendre garde étoit que le prince Thomas ne se voulût défaire des François et des Espagnols pour se rendre maître de l'État au préjudice de Madame et de son fils ; à quoi on ne voyoit autre remède que celui de la citadelle (1) » de Turin maintenue en la puissance du Roi.

11 était de toute nécessité que Madame consentit à « sauver la Savoie, Veillane, Suse, Nice et Villefranche (2) », ce que Richelieu appelait pittoresquement « les débris du naufrage » de Son Altesse.

Madame n'avait qu'un moyen pour y parvenir : mettre des garnisons françaises dans Veillane et Suse et se transporter eu personne à Nice, « ce qu'elle pouvoit en venant passer de Pignerol par auprès d'Embrun, pour entrer dans la Provence ». Elle « serendroit au château de Nice selon les assurances qu'elle avoit de la fidélité du gouverneur (3). » Ce gouverneur était le commandeur de Sales, frère du saint évêque de Genève. Il déclara que, « sans que Madame prit la peine d'aller là, il garderoit la place à Monsieur son fils ». « Cette réponse semble bien ambiguë, écrivit le cardinal au sieur Mondini, qu'il avait dépêché auprès de Madame. Si Madame a quelques assurances particulières dudit commandeur que nous ne sachions point, qui lui ôtent tout doute de sa fidélité, il vaut mieux qu'elle vienne droit à Chambéry pour assurer Montmélian (4). »

La duchesse de Savoie ne se rendit pas à Nice, qui était moins sûre que M. de Sales. Le gouverneur sut déjouer une conspiration de six capitaines de la garnison qui prétendaient l'empêcher de recevoir un renfort de trois cents Savoyards que lui envoyait la princesse. La fermeté de M. de Sales eût été peu de chose sans la flotte du comte d'Harcourt, dont les navires couvraient la mer. Lorsque les trois cents Savoyards furent arrivés, le comte d'Harcourt s'en alla chasser quelques galères espagnoles du côté de San-Remo. Le cardinal de Savoie profita de cette absence momentanée pour s'approcher de Nice. Les habi-

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, p. 511.

(2) Ibidem, t. VI, p. 505.

(3) Ibidem, p. 506.

(4) Ibidem, note.

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