ARRETE PUYLAURENS
emmené dans son carrosse. Mais à peine les deux visiteurs s'étaient-ils quittés dans l'appartement du Roi, que du Farg-is était arrêté par le comte de Gharost, l'un des capitaines des gardes, qui le faisait enfermer dans une chambre. Richelieu avait «ommandé ensuite que l'on arrêtât du Goudray-Montpensier, resté chez le garde des Sceaux. Il n'était guère que deux heures de l'après-midi. Le cardinal était entré dans le cabinet du Roi et, comme il l'avait prévu, Puylaurens n'avait pas tardé à l\ rejoindre. Il arrivait de Blois avec Monsieur pour assister à la répétition d'un ballet dont on lui avait dit merveille. Tandis que Monsieur s'entretenait avec le Roi, qui était dans sa chambre, Puylaurens était en conversation avec le cardinal dans le cabinet. Gétait surtout Richelieu qui parlait; il semblait d'humeur maUcieusc et Puylaurens se montrait aussi froid que de coutume. Tout à coup Son Éminence dit à son nouveau cousin : « -^ Quand se fondront vos glaces, Monsieur? » Et il entre dans la chamhre du Roi : Puylaurens reste seul... fort peu de temps, la porte brusquement s'ouvre : voici M. de Gordes, autre capitaine des gardes : il a ordre d'arrêter Puylaurens. Le favori de Monsieur se préoccupe avant tout du sort de son maître. Apprenant que Monsieur est libre, il dit simplement : « M. le Gardinal ne m'a pas donné le loisir de faire ce que je désirois pour lui. S'il eût différé davantage de porter les choses à cette extrémité, le temps m'eût fourni les moyens et les occasions de le contenter (1). » Et, drapé dans son attitude de victime, il suit M. de Gordes, qui l'emmène hors de l'appartement royal.
Dans la chambre voisine, au même moment, le Roi venait d'annoncer à Gaston l'arrestation de Puylaurens; il développait les raisons qui l'avaient contraint à cette mesure de rigueur. Pourcfuoi Puylaurens n'avait-il pas tenu ses engagements? Pourquoi, depuis son retour, avait-il dépêché à Bruxelles vingt-deux courriers? Sans doute en avait-il dépêché bien d'autres, qui n'avaient pas été interceptés. Que dire de ses lettres à M""* de Phalsbourg, lettres chiffrées qui avaient fini par laisser
(1) Mémoires du Comte de Montrésor, p. 197.