‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 36 sur 219 · MO.NSIKUR S'INCLINE DR BONNE GRÂCE · texte numérisé non relu

MO.NSIKUR S'INCLINE DR BONNE GRÂCE

deviner leur secret, à savoir les étranges nouvelles que le nouveau duc, le nouveau cousin du cardinal donnait à la princesse : la santé du Roi était fort mauvaise; Sa Majesté paraissait dégoûtée du cardinal; Puylaurens serait bientôt le successeur de Son Éminence; si Monsieur et ses amis n'obtenaient pas toutes les satisfactions qu'ils désiraient, quoi de plus facile que de persuader à Son Altesse de se retirer en Italie?

Louis XIII mettait toutes ces intrigues sous les yeux de son frère; il n'oubliait pas l'injure qui lui avait été le plus sensible: M. de Vieuxpont, qui à Bruxelles accolait toujours au nom du Roi ([uelque épithète méprisante, avait eu le front de suivre Monsieur à La Fère, à Écouen, à Blois, à Orléans, à Paris. Et Puylaui'ens avait osé le cacher dans son appartement, lui ménager des entrevues avec du Coudray-Montpensier : car il craignait Vieuxpont, qui connaissait trop sa vie, qui savait le « fond du pot » : Puylaurens désirait la mort du Roi, c'était certain.

Monsieur ne s'embarrassa point pour si peu. Accoutumé comme sa mère à dissimuler ses sentiments, il repartit avec calme que si Puylaurens « avoit été assez malheureux pour manquer à ce qu'il devoit au Roi, il seroit le premier à le condamner ». Il parut s'attendrir lorsque Louis XIII lui rappela que deux frères n'avaient nul intérêt à se séparer, que leurs causes étaient pareilles. « Il donnerait toujours à Monsieur des preuves de son affection; ils devaient tous deux agir de concert pour les intérêts de la Couronne et le g-ouvernement de l'État. » Paroles vraiment royales, auxquelles Gaston répondait par la promesse d'être inviolablement attaché au Roi et de « ne sortir du Royaume que par son ordre ».

Cependant le cardinal venait d'entrer dans la chambre, Louis XIII chez la Reine. Richelieu engagea Monsieur à rendre ses volontés conformes à celles du Roi, dont la bonté lui accorderait tout ce qu'il pouvait désirer, pourvu qu'il prît toujours le parti du respect et de l'obéissance. Il aurait toujours eh son particulier le zèle le plus vif pour les intérêts de Son Altesse.

Le prince ne cache pas l'inquiétude où il était quelques instants plus tôt; il avait craint d'être arrêté, lui aussi; mais il

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