‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 41 sur 219 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

LA GRANDE AFFAIRE DE LA MAISON d'aUTRICHE

La politique de Richelieu se poursuivait lentement, mais sûrement par les soins des ambassadeurs. Lun des plus habiles était le marquis de Feuquières. Nous avons vu ce cousin du Père Joseph, sous les murs de La Rochelle investie, rendre à Louis XIII les plus réels services ; nous le retrouvons, en 1633, négociant au nom de son maître avec les princes allemands ; son cheminement diplomatique est tout marqué de succès. Dès le 13 avril, Feuquières ménage entre la Suède et les cercles supérieurs d'Allemagne, le traité d'Heilbron, qui laissait au chancelier Oxenstiern la direction des aflaires suédoises. Il est vrai que Feuquières se présente dans les petites cours allemandes, les poches pleines de lettres dont les adresses sont en blanc. Ces lettres paraissent fort ambiguës, mais ne tardent pas à l'être moms :

De l'argent qu'on reçoit, d'abord, c'est toujours clair.

Lisons ces lignes signées Louis et plus bas Boulhillier : « Je vous convie d'avoir entière créance en ledit sieur de Feuquières sur les assurances de ma bonne volonté en votre endroit, que j'auroi contentement à vous faire paroitre aux occasions qui s'en otl'riront et sur toutes autres choses qu'il vous fera entendre de ma part (1) ». Formule magique. C'est Feuquières, en effet, qui fixe le taux des pensions et qui choisit les pensionnés : « Le son des pistoles que Monsieur votre Père et M. de BuUion

(1) E. Gallois, Lettres inédites des Feuquières, t. I, p. 9-10.

Page 1