‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 48 sur 219 · LES PARTISANS DE WALDSTEIN ASSASSL\ÉS · texte numérisé non relu

LES PARTISANS DE WALDSTEIN ASSASSL\ÉS

Le 2'i- février 163i, il est à Egra sur la frontière de la Boliènie, à vingt-deux lieues à l'ouest de Prague. La place forte est sûre, commandée par deux Écossais protestants, le lieutenant colonel Gordon et le major Leslie. Et, d'ailleurs, le colonel Butler, dont la bravoure inspire confiance à Son Altesse, n'est-il point dans les fauliourgs avec ses dragons? D'Egrra, choisie à dessein, le généralissime peut aisément communiquer avec Saxons et Suédois. Communication d'autant plus nécessaire que, par une première patente le 24 janvier, une seconde le 18 février, l'Empereur \ient de le destituer, déliant ses sujets de leur serment de fidélité. Waldstcin a lu de ses yeux ce nouveau document impérial et il l'a montré à Gordon. «

Huit heures du soir : tandis qu'installé dans la plus belle maison de la ville, le prince consulte son astrologue Senio, que fait Gordon par cette sombre nuit d'hiver? Là-haut, dans la citadelle, le heutenant-colonel écossais donne à souper aux principaux partisans de Son Altesse, Ilov, Terzka, Kinski, Neumann. Il y a deux heures que dure le festin, les valets se sont déjà retirés et les cinq convives attablés avec Butler et Leslie boivent toujours à la santé du duc de Friedland, qui sera bientôt roi de Bohême.

Soudain, les portes de la salle s'ouvrent : d'un côté entrent le major Géraldino avec huit ou neuf soldats, de l'autre le capitaine Devereux avec une douzaine d'Irlandais. Tous armés d'épées et de poignards ; ils crient : « Vive l'Empereur Ferdinand et la maison d'Autriche ! » <( Vive l'Empereur Ferdinand ! » répètent comme un écho Butler, Gordon et Leslie, qui se lèvent, saisissent les flambeaux du festin et en éclairent les assassins. En un cUn d'oeil, la table est renversée, Kinski transpercé avant d'avoir pu porter la main à son épée; Terzka, dont le collet de buffle protège la poitrine, jeté à terre, tué à coups de poignards dans la face et dans le ventre. Mais Ilov, debout avant d'avoir pu être joint, s'est adossé au mur, d'où il provoque Gordon, lui reproche sa perfidie, tue deux soldats, blesse mortellement un capitaine et tombe accablé sous le nombre. Quant à Neumann, il est parvenu à se glisser hors de la salle. Une va pas loin. Sur la place du château, il est reconnu par des soldats et massacré comme les autres. Les quatre

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