‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 53 sur 219 · ON TR.VVAILLP: AUSSI EX ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ON TR.VVAILLP: AUSSI EX ALLEMAGNE

ordre « de rendre Oxeiistiern à la raisou ou d'en mettre un autre à sa place ». De peur de ne pas trouver un chef doué de ses qualités, ce fut le premier parti que choisit Richelieu.

Cette « mise à la raison » n'était point aisée : « Si nous voulons gagner le chancelier par persuasion, répondait Feuquières, son humeur méfiante, couverte et insolente nous ôte tout moyen de nous ajuster avec lui; et si d'autre côté nous le voulons combattre, la mauvaise disposition de tous les esprits est telle contre lui, qu'il nous seroit difficile de l'ébranler sans le faire tomber; et par ainsi ne voyant personne à pouvoir prendre sa place sans extrême péril de renverser toutes choses, nous nous conduirons le plus adroitement qu'il nous sera possible entre ces deux considérations (1). » C'est à quoi la mission du comte d'Avaux ne fut pas inutile.

Cependant Feuquières était chargé d'agir sur les Électeurs de Saxe et de Brandebourg. Il devait faire en sorte qu'ils devinssent directeurs de deux ligues qui seraient affiliées à celle de Heil- ])ronn : l'une comprenait les cercles de basse Saxe et de Brande- ]jourg, l'autre le cercle de haute Saxe. Comment l'Electeur de Saxe pouvait-il pencher vers l'Empereur, lui, un protestant : ne voyait-il pas que l'influence espagnole prévalait au Conseil impérial,, puisque, sur les suggestions d'Espagne, l'Empereur avait laissé égorger le meilleur de ses généraux? Voilà ce qu'il fallait représenter à l'Électeur.

Il faut aussi que le parti catholique ne cesse pas d'être neutre. Mais cette neutralité, ni le duc de Bavière n'y tient beaucoup, ni l'Électeur de Cologne, ni l'Électeur de Hesse, à qui plusieiu's villes de celui de Cologne conviendraient parfaitement. Elle est nécessaire, cette neutralité, pour apaiser les scrupules du cardinal et l'opinion publique en France. C'est en se préoccupant de l'opinion française et allemande que Richelieu, qui sait la paix générale impossil)le pour le moment, se dit prêt à signer une trêve de dix ou vingt années. Il n'ignore pas que l'Empereur ne l'acceptera point; il envoie d'ailleurs à Feuquières des articles

(1) Lettres et négociations du Marquis de Feuquières, t. II, p. 277.

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