V2 RICHELIEU VEUT U.\ TRAITÉ A TOUT PRIX
deux ministres avaient conféré sans témoins. Us s'apprêtaient à signei" mi traité. Depuis la bataille de Nordlingen, cétait ledeuxième. Le premier, signé à Paris, le 1'^' novembre 1634, par Loefler, envoyé de Suède, et Streiff, envoyé des confédérés, n'avait pas fixé la date à laquelle la France romprait avec la maison d'Autriche; il avait seulement stipulé que le lioi, en cas de rupture, entretiendrait une puissante armée sur la rive gauche du Rhin et, sur la rive droite, un corps d'armée de douze mille hommes. Si les Électeurs de Saxe et de Brandebourg- s'acconmiodaient avec l'Empereur, le Koi n'était pas obligé d'entrer en guerre. Comme compensation de cette rupture, il ne paierait plus le subside d'un million de livres, pourrait prendre quelque influence dans le conseil de guerre, aurait dans le conseil de direction voix égale à celle de la Suède. De plus, l'Alsace lui était confiée, le j^assage sur le pont de Strasbourg ouvert, Brisach livrée. Les alliés enfin s'engageaient à ne conclure aucune paix séparée. Ils promettaient de rétabhr la rehgion cathohque en l'état où elle se trouvait avant l'année 1618.
La diète, transportée à Worms, car Francfort n'était plus sûre,, avait ratifié le 12 novembre, mais Oxenstiem qui regrettait le subside d'un million de livres, avait refusé la ratification. Le savant Grotius, Hollandais, fort peu souple, venu à Paris en qualité d'ambassadeur de Suède, avait échoué dans sa mission. Oxenstiern semblait devoir être plus heureux. En cette journée du 30 avril 1635, Richelieu était décidé à signer un traité, même insignifiant, pour montrer aux ennemis éventuels de la France que le Roi était d'accord avec ses alliés : « Quand on ne devroit passer autre chose qu'un article de ne faire point la paix l'un sans l'autre, expliquait le cardinal à Chavigny, H le faut faire s'il se peut. »
La marche des Impériaux, en effet, devenait des plus menaçante. Philippsbourg surprise dans la nuit du 23 au 2i janvier, Sierk sur la Moselle capitulant quelques semaines plus tard,
lier se rendant en France et dont voici la traduction : « Votre Excellence ne doute pas, je pense, que l'un de mes vœux les plus chers ne soit de jouir enfln de sa présence si désirée et de son entretien : le Roi tiendra toujours à faveur son passage par sa cour. » (Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. IV, p. 694-695).