CLAUSES POSSIBLES DU TRAITE
Trêves et son Électeur enlevés par les Espagnols le 26 mars, ne rendaient que trop clair l'hostilité de l'Empereur. Aussi Richelieu s'en tenait à des conditions acceptables : « Si le chancelier ne vouloit aucune de toutes ces conditions, ajoutait Son Eminence, .^eria endemoniado (ilfaudroit qu'il fût possédé du diable), auquel cas on ne sauroit avoir recours qu'aux exorcisme s de Loudun, et envoyer traiter en Suède, mais A'otre jeunesse est trop heureuse pour en venir à cette extrémité. Quoi qu'il arrive, il est nécessaire de se séparer en bonne intelligence avec lui. » Le cardinal estimait qu'il fallait envoyer un ambassadeur à Oxenstiern, mais que le chancelier devait « donner promptement ordre à Banner et autres chefs des confédérés de faire avancer les troupes pour le dessein commun vers Gemund » . Et il concluait ainsi : « Le Père Joseph, à l'heure que je parle, répond des affaires d'Allemagne, pourvu que je fasse ce que ses pensées enthousiastiques lui diront (i). »
La pensée du cardinal était de ménager à la fois le chancelier de Suède et l'Empereur : « Sur l'assurance, expliquait-il à Bouthillier, que M. le Chancelier désire touchant Mayence et autres places de cette nature, il faut faire tout ce qui se pourra pour qu'il se contente de la parole du Roi. S'il ne le veut pas, à toute extrémité on peut mettre, en général, que Sa Majesté, avec ses troupes destinées pour la conservation de ses alliés en Allemagne, fera ce qu'elle pourra pour la conservation des places que la couronne de Suède tient sur le Rhin et aux environs en général, sans exprimer Mayence. Comme aussi les armées de la couronne de Suède, qui sont les plus proches du Rhin, seront réciproquement obligées de contribuer ce qu'elles pourront à la conservation des places que Sa Majesté tient sur le Rhin et proche d'icelui. Le Roi consent qu'à la fin du traité il soit dit que, s'il reste entre les deux Couronnes des difficultés procédant des traités précédents, elles se videront à loisir entre les dites deux Couronnes; nonobstant quoi les articles qui seront présentement signés demeureront inviolables. Sa Majesté consent aussi qu'il soit dit
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. IV, p. 737.