‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 58 sur 219 · PROJET DE ( ONFEDERATIUX E.\ ITALIE · texte numérisé non relu

PROJET DE ( ONFEDERATIUX E.\ ITALIE

de Milan, — qai était à conquérir. M, de Saint Maurice, ambassadeur de Savoie près la cour de France, n'était point surpris d'un pareil présent : u Entre deux mûres, expliquait-il à son maitre, M. le Cardinal en donne toujours une verte et, quand il a affaire à quelqu'un qui ne sait pas sa façon de négocier, il s'en prévaut et, sur la fin du discours, il adoucit toujours ce qu'il a dit d'aigre. Quand l'on est bien instruit de sa coutume et que l'on a la connaissance des affaires, qu'avec respect I'oû lui dit de bonnes raisons, on le ramène (1) ». Le M juillet 1635, un traité fut signé à Rivoli, aux termes duquel le Savoyard s'engageait à fournir six mille liommes et douze cents chevaux, les ducs de Mantoue et de Modène chacun trois mille fantassins et trois cents cavaliers. La part des confédérés devait être proportionnelle à Feifort qu'ils auraient fourni ou au dommage qui leur aurait été infligé. Le duc de Modène était peu sûr. Le duc de Mantoue ne l'était guère davantage; aussi le cardinal songeait-il à lui donner pour gendre et pour héritier Monsieur, frère du Roi. Le traité de Rivoli jirévoyait l'accession d'autres États italiens; mais il ne fut possible d'y comprendre ni Venise, qui gardait un amer souvenir des traités de Monçon et de Ratisbonne, ni Gênes, l'opulente banquière de l'Espagne, ni le grand-duc de Florence, neveu de l'Empereur. Adhésion qui n'était pas à dédaigner. Honoré Grimaldi, prince de Monaco, jusque-là protégé du Roi Catholique s'apprêtoit à se mettre sous la protection du Roi Très Chrétien et recevait des garnisons françaises dans ses villes de Monaco, Roquebrune et Menton (2).

De Rome à Londres, en passant par Turin, l'Allemagne et les Provinces-Unies, il n'était pas un État grand ou petit, pas un prince, pas un principicule dont Richelieu, à la veille de rompre avec la maison d'Autriche, n'eût tenté de se concilier les bonnes grâces ou n'eût acheté le concours.

(1) Cité en note par Fagniez, Richelieu et le Père Joseph, t. II, p. 222.

(2) G. Fagniez, Le Père Joseph et Richelieu, t. II, p. 211-220. Le traité de Péronne, conclu entre le roi de France et le prince de Monaco, remit à la l'rance Monaco, Roquebrune et Menton. Il fut signé à Péronne, le 14 septembre 1641. On en trouvera le texte, publié par Ardorno, dans les Petites Annales de Monaco, etc., Ljon, 1926, p. 201 et suivantes.

KICHELIEL". — T. V. 7

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