‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 59 sur 219 · CHOIX DES CHEFS POUR LA GUERRE · texte numérisé non relu

CHOIX DES CHEFS POUR LA GUERRE

Cepoiulaiit, en Alsace et sur le Rhin, les troupes royales alliées aux Suédois continuaient de g-uerroyer contre les Impériaux, sans que le Roi fût en guerre avec FEiupereur. Gallas et Jean de Werth, généraux de Ferdinand II, s'emparèrent de Spire, où ils laissèrent une gai'iiison, et le duc Charles de Lorraine faisait de brèves incursions dans son Duché : ses cavaliers paraissaient à liiuproviste dans quelque ville épouvantée, — juste le temps de pendre certains qui s'étaient compromis avec les Français. Mais, avant de gagner la Valteline, le duc de Rohan refoula deux fois le duc Charles sur la rive droite du Rhin ; les maréchaux de La Force et de Brézé, le duc Bernard de Saxe-Weimar emportèrent la ville de Spire et, suivant l'usage, « s'en partag-èrent les défenseurs qui pouvaient payer les plus fortes rançons (1) » : La Force eut le baron de Metternich, Brézé le baron de Hardenberg et Bernard M. de Gold (de la maison de Papenheim). Assez misérables dépouilles, car les Impériaux étaient peu disposés à faire dépense pour des gens à qui ils imputaient la perte de leur ville, et Metternich, prisonnier dans Metz, se disait : « un pauvre cavalier destitué de tous ses biens et revenus, comme aussi de tout subside des siens (-2) ».

C'est peu de semaines après cette revanche éclatante que le cardinal rappela Brézé. La résolution d'attaquer l'Espagne s'aflermiseait en lui chaque jour. Son Eminence défendait âprement le trésor, nerf de la guerre prochaine, et protégeait les biens des particuliers contre les prodigalités de leurs possesseurs. Depuis l'année 163''i., il était interdit de se ruiner en toiles d'or ou d'argent, broderies de diamants ou de perles, pages, laquais, cochers vêtus de soie, carrosses ou litières dorés. A jmrtir du 29 janvier 1635, les brelans ou jeux publics cessèrent d'être permis et les tenanciers furent passibles d'une amende de dix mille livres (3). Son Eminence écartait de tous les hauts postes de l'État les seigneurs peu sûrs. Non content de mettre à la place

(1) Pèro Griffet, Histoire du Règne de Louis XIII, t. II, p. 566.

(2) Henri de Metternich à La Force (Archives de La Force).

(3) Mercure français, t. XX, p. 702-709, et Père Griffet, Histoire du Règne de Louis XIII, t. II, p. 367.

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