‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 67 sur 219 · LA l'IiHMlÈin-: VICTOIRE l-WANÇAISE ; A\ Kl.N · texte numérisé non relu

LA l'IiHMlÈin-: VICTOIRE l-WANÇAISE ; A\ Kl.N

joyeux ('clats de voix : ce sont Marie de Médicis et ses filles d'iioniieur qui ne peuvent s'enipèchei' de rire en voyant la gravité avec laquelle il remplit sa mission (1).

Gratiolet l'acheva le surlendemain, au village de Rouilly, fort près de la frontière de France. A cent pas de réélise, sur le grand cliemin d'Avesnes à La Gapelle, du côté d'Est reu.\-le-Cauchy, il planta un poteau, puis y attacha cette déclaration que personne lie voulait recevoir. 11 appela ensuite un paysan qui sortait de l'église et il lui expliqua ce qu'il venait de faire. Le paysan, à sa demande, s'en fut chercher le mayeur, qui écouta l'expUcation à son tour et s'achemina vers le poteau, tandis qu'Elhssavide soufflait dans sa trompette et qu'il constatait, lui Jean Gratiolet, héraut d'armes de France sous le titre d'Alençon, que tout s'était passé selon les règles.

Le 25 mai suivant, Richelieu écrit au Koi :

« Il plaira au Roi commander, cette après-diner, de faire une dépêche à Paris et à toutes les autres villes du Royaume, pour chanter le Te Deum de la hataille en lacjuelle il a plu à Dieu lui donner la victoire. »

De ChAteau-Tliierry où se trouve le Roi, le cardinal est venu passer dans la petite ville de Coudé ce 27 mai, jour de la Pentecôte. Il ajoute les détails : cinq mille morts, quinze cents blessés dans l'armée ennemie, six cents prisonniers, seize pièces de canon; dans l'armée du Roi, cent morts ou blessés.

« Je crois que Sa Majesté doit, dès après diner, faire chanter le Te Deum aux Cordeliers de ChAteau-Thierry. Pour moi, je remets à rendre ce devoir à Dieu après demain, ayant été contraint de me faire saigner du pied à minuit, ajoute-t-il (2). »

L'affaire dont le cardinal rendait compte ainsi à Bouthillier en une note qui allait être portée à Château-Thierry (trois lieues de Condéj, c'était la bataille d'Avein gagnée au pays de Liège, le 22 mai 1635, par les maréchaux de Chàtillon et de Brézé sur le prince Thomas de Savoie. Les lecteurs de la Gazette

(1) Gossart, L'Auberge des Princes.

(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 30-32.

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