IIG POLÉMIQUES PAR MANIFESTES
traité on Lorraine avec sûreté, est contraint à demander la protection du Koi Catholique, si la même grâce est accordée à Madame la Duchesse d'Orléans pour sa personne et pour son mariag-e, peut-on accuser un irrand monarque de semer et de fomenter la division dans la maison royale de Fi'ance, parce qu'il ne veut pas livrer à un serviteur furieux des personnes si proches et qui doivent être extrêmement chères à Sa Majesté ïrcs Chrétienne? »
Non contents de dépeindre Richelieu comme un perturbateur de la maison royale, les Espagnols l'accusaient d'être un mauvais serviteur de l'Église : « Le roi de France, disaient-ils, est louable d'avoir ôté aux huguenots leurs villes de sûreté et les moyens de se révolter contre lui. Mais, dans toutes les déclarations publiées durant le pouvoir absolu d'un cardinal, on proteste que Sa Majesté n'en veut point à la religion protestante. Aussi n'y a-t-on pas touché. Si l'Église recouvre sa liberté dans quelques villes de France, elle l'a perdue eu plus de vingt mille paroisses d'Allemagne et des Pays-Bas par les intrigues et l'assistance du cardinal de Richelieu. Le prêche ne s'était jamais fait à Verdun, à Nancy, à Pont-à-Mousson et en plusieurs endroits de la Lorraine, les ministres y montent maintenant en chaii'e. Quelle instance le cardinal a-t-il faite à ses bons amis les Hollandais pour conserver seulement une église aux catholiques de Bois-le-Duc et pour maintenir le traité de Maestricht? Les calvinistes y occupent une église l'une après l'autre, les processions y sont défendues et le Saint-Sacrement ne s'y porte qu'en secret contre les articles de la capitulation (1). »
A ces perfides accusations, Richelieu fit une réponse immédiate : Les Vérités françaises opposées aux calomnies espagnoles ou réfutation des impostures contenues en la Déclaration imprimée à Bruxelles sous le nom du Cardinal Infant. Par un gentilhomme de Picardie. Ce gentilhomme^ qui se nommait Charles-Barthélémy de Beinville, disculpait ainsi le cardinal : « Comme le Roi donne sa principale confidence au cardinal duc de Richelieu, c'est aussi
(1) Levassor, Histoire de Louis XIII, t. IV, p. 719-721.