RAISONS DE NKTRH PAS TROP RIGOUREUX
Cianiail, que l'on avait reiioiico à envoyer en Provence (1). » Le •2S septembre Louis XIII vint coucher au villag-e de Kœurs, situé au bord de la Meuse, à deux lieues environ de Saint-Mihiel. Les trois batteries ouvrirent le feu le 29. Le mardi 2 octobre, deux brèches s'élargissaient dans les remparts et les troupes étaient sur le point de monter à l'assaut.
I.,e cardinal avait réglé lui-même les moindres détails de cet hallali : « On ne dit rien des murailles, écrivait-il, parce qu'on sait bien que le Roi les a déjà condamnées. Les affaires présentes requièrent un exemple du tout extraordinaire, autrement les rébellions de la Lorraine seront si fréquentes qu'on n'en verra jamais la fin, et le Roi n'aura pas sitôt le dos tourné, qu'elles recommenceront. M. le Garde des Sceaux et vous êtes priés de tenir la main à ce qu'une fausse générosité des grands soigneurs, qui les pourroit porter à se rendre intercesseurs auprès du Roi, ne prévale auprès de Sa Majesté aux considérations si importantes à son service, comme sont celles qui requièrent la rigueur (2) ».
Les habitants avaient sans doute deviné les intentions du cardinal; car, fort peu de temps avant l'heure marquée pour l'assaut, ils envoyèrent au Roi trois députés, qui lui dirent que la ville « offroit de se rendre à composition ». C'est à discrétion que Ja voulait avoir le Roi : officiers et soldats seraient prisonniers de guerre ; quant aux habitants, ils ne perdraient ni la vie ni leurs biens, sauf quinze notables que « Sa Majesté se réservoit pour en faire ce qu'il lui plairoit ». Elle se réservait également dix soldats. Il était bien entendu que les habitants auraient à se racheter au moyen d'une « somme arbitrée par le Roi, pour laquelle ils donneroient des otages qui demeureroient entre ses mains. Si ces conditions n'étoient point acceptées, Sa Majesté désiroit que l'on fit sortir les religieuses et les religieux par la porte du port, et ce dans deux heures, afin d'éviter la furie des soldats (3) ».
(1) Archives des Affaires étrangères, France 815, folios 274 et suivants.
(2) Père Griffet. Histoire du Régne de Louis XIII, t. II, p. 618. (3j Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 273 note.