LE MARECHAL DE LA FORCE ENROLE A PARIS
vin^t-quati'e heures; enjoignit à tous les privilég-iés et exemptés (le taille de le trouver dans six jours à Saint-Denis, montés et armés le mieux qu'il leur seroit possible sur peine de déchoir de leurs privilèges et d'être imposés à la taille... Mais d'autant que les armuriers et quincaillers, abusant de la nécessité publique» vendoient les armes à un prix excessif, Sa Majesté les modéra à un qui fût raisonnable ». Ce sont de ces mesures qu'il faut savoir prendre dans tous les siècles. L'hôtel de La Force avait sa haute porte cochère rue du Louvre en face de l'entrée féodale du ch;\teau. Le maréchal n'y attendit pas les g-cns qui devaient s'enrAler ; il se rendit lui-même à F hôtel de ville, d'où ils devaient être acheminés vers sa maison. Assis sur les deg-rés, il reçut les engagements.
Les Parisiens aimaient, en ^vieillard de soixante-dix-sept ans, l'ami et le compagnon d'armes de Henri IV; ils croyaient découvrir en son visage de Gascon quelque chose de la bonhomie énergique et spirituelle du Béarnais. Lorsque, vers la fin de 1635, après avoir mis ses troupes en quartiers d'hiver et laissé le commandement de l'armée au marquis de La Force, il était revenu à Paris, il avait été accueilli par de « grandes caresses » du Uoi et du cardinal et l'applaudissement universel des Parisiens. Ses Mémoires en donnent la raison avec leur bonhomie ordinaire : « Il est certain, y lisons-nous, que ce fut un temps bien favorable pour lui, car trois autres généraux qui commandoient de puissantes armées, savoir : le maréchal de Gréqui celle d'Italie, M. le Gardinal de La Valette celle d'Allemagne et MM. les Maréchaux de Gliàtillon et de Brézé celle de Flandre, avoient tous reçu du désavantage et avoient été malmenés. Cependant ledit maréchal eut ce bonheur que, bien que véritablement le plus faible, il ne laissa pas de pousser toujours les emiemis et de prendre de grands avantages (2). » Sur les degrés de l'hôtel de ville, en ce début du mois d'août 1636, les crocheteurs lui touchaient dans la main en disant : « Oui, Monsieur, je veux aller à la guerre avec vous (3). »
(1 Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitot, t. I, p. 222 et 225. 2) Mémoires du Duc de La Force, t. III, p. 170-171. (3) Tallcmant, Historiette 28, Le Maréchal de La Force.