MANOEUVRER POUR LES DEUX PAIX A LA FOIS
auquel, par une extraordinaire finesse de jugement et par une singulière autorité sur soi-même, s'arrête le jeune ministre; dessein tout personnel, infiniment complexe et (jue l'homme d'État déjà consommé saura mener à bonne fin, comme il le dit, « par une conduite pleine d'industrie inaccoutumée, qui portera les huguenots à consentir à la paix de peur de celle d'Espagne et les Espagnols à faire la paix de peur do celle des huguenots (1) >».
Mais, au moment de s'engager dans une telle procédure, encore faut-il se préoccuper du troisième problème, celui des conséquences à tirer du « mariage d'Ang"leterre », puisque c'est chose faite. Le cardinal va donc s'etiorcer de ne rien perdre de ce cAté, en ayant soin de se dégager des autres; il fei-a entrer les relations avec l'Angleterre dans sa politique d'enseml)lo, de faron à combiner le tout en un système solidement agencé et l>ien emboîté. H sait qu'il ne peut y avoir, pour la France, de politi(|ue européenne eflicace, si on n'a pas mis au point d'al)ord les rapports avec l'Angleieri'e. Or il a négocié minutieusement cette aflaire du mariage, de façon qu'elle lui ouvrit une porte à la fois vei*s les catholiques et vei-s les pi*otestants. En somme, par ce mariage, il a la main dans les affaires intérieures d'Angleteri-e et il saura bien jouer de cet avantage de fa(;on à l'occuper chez elle.
Reprenons le détail des événements et entrons maintenant dans le fond de cette politique « pleine d'industrie •>, en suivant d'aliord l'affaire du mariage anglais, où une fille de France est offerte en holocauste au calcul profond de la politique.
(1) Mémoires, \. V, p. 206.
mCIIELlKU. — T. III.
LIVRi: PREMIER