‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 108 sur 172 · LES ARTICLES DE RATISBONNE · texte numérisé non relu

LES ARTICLES DE RATISBONNE

l>i'C impériale, ou laisserait s'écouler une période intérimair»' (le deux uiois pour permettre à l'Empereur de faire coimaître sa décision : cependant les Espagnols se retireraient immédiatement de la ville; les trouj)es de l'Empereur se retireraient du Mantouan et ne garderaient que Mantoue ; les troupes françaises se retireraient de Casai, puis de la Savoie, du Piéinont, de l'Italie en général à l'exception de Pignerol, de Veillane, de Suse et de IJriquoras. Le duc de Mantoue, reconnu comme prince légitime, prendrait possession de Casai sans la fortifier ni l'occuper dangereusement pour ses voisins. L'Empereur jugerait le règlement de la succession ainsi que les compensations et indemnités, qu'il arbitrerait en faveur des cohéritiers et coprétendants, assurant l'investiture au duc, qui la solliciterait par une lettre de respect ; le duc de Savoie recevrait Trino dans le Moutferrat et une rente de 18.000 écus sur le duché.

Quant aux affaires d'Allemagne et au règlement général de la /piestion de paix et d'équilibre entre les puissances, certains accords étaient libellés, d'autres laissés dans le vague ou passés sous silence, il était dit, en substance, quelle roi de France n'attaquerait pas l'Empire, l'Empereur, les États héréditaires ni par soi-même, ni j)ar autrui, directement ou indirectement, et ([u'il n'assisterait ni de conseil, d'argent, d'armes, de vivres, de munitions, ni en quelque autre ujanière que ce fût. les ennemis de l'Empereur et de l'Empire, soit déclarés, soit qui viendraient à se déclarer; il était entendu, d'autre part, que Sa Majesté lm])ériale tiendrait la même conduite à l'égard de la France. L article lô du traité visait, sans modifier la situation, cette affaire des Trois Évèchés, placés, depuis le traité de Cateau-Candirésis, sous la protection de la France, affaire toujoui-s trahiante dans les dossiers impériaux et (jui n'eut mérité que le silence et le mépris. L'article 10 comprenait le duc de Lorraine dans la pacification générale où il n'avait que faire, lui attribuant ainsi une sorte de protection impériale ; sur d'autres points, le texte, examiné à la loupe, fournissait d'autres arguments pour motiver soit la suspension soit le refus de ratification. Mais le point de difficulté le plus délicat était la possibilité laissée à l'Empereur de se

274 M« hKSSOUS DK L'AKKAIHK.

«Iri'oluM* sur le sort di* (lasal. tii xcrlii <lii «l«'Iai reportant à uii<* flate ultérieure et à un cvaiin'ii jun(li(|U)- la dcciNiou dernière (lu litim'. Cela dit, il convient de reconnaître «pie. dan> l'eiisonible de la négociation l.i |Hi|ilii|iic de l;« rr/nnc :t\;iil nKti-nn de réels avantap-es.

Pour ex|)li(juer I imbroglio de la rupture suspcnnive, i) est nécessaire d'avoir ]>résent à l'esprit, non seulement les textes (|ui sont connus et écrits, mais tout ce <|ni reste h l'état flottant, exprimé par gestes et par silence, comme il 8e fait dans c(>s délicates communications de gouvernement à gouverncnnMit et de di])lomntes à diplomates. Rendons-nous bien compte que les représentants de la France avaient reçu jiour missir)n secrète, et comme nous dirions, verbab', de toucber avec la plus grande jirudence à la ijuestion générale des rapports de la France et de l'Allemagne autricbienne, de laquelle dépendaient le sort de l'Kurope <'t. par sa liaison avec la maison 1 Kspagne. le sort <\u mou<le. .Ni Hiclielieu ni le l'ère Jose])li n avaient effac»- «le leur mémoire la baute vue bistorique développée en 1027 par Fancan, véritable testament politiqu<' du malbeureux pampblétaii^ : <( Quand les Indes sei-aient épuisées ou cjue ces d«'ux maisons alliées b's auraient perdues, l'Allemagne est encore battante pour leur dessein, comme le ])lus ample, ricbe et puissant royaume de la cbrétientc, auquel sont de puissants princes, villes impériales, la plupart marcbandes. opulentes et sises sur de grandes rivières; le tout au milieu de l'Kurope. fpii leur sera un grand avantage jkour y établir le siège de la monarcbie... Ils auront moyen d'y dresser et équiper flottes et navires pour tenir en bride le septentrion, incommoder le midi, non seulement pour cmpêcber le commerce des Danois, Anglais et Français, mais aussi pour conquérir ce qu'ils n ont pas et recouvrer ccqu ilsont j>erdu. C'est pourquoi on les voit si Apres et si animés à attaquer de toutes leurs forces le i-oi de Danemark et les villes et pays de la basse Saxe, de laquelle ils ont occupé une bonne partie; et peu s'en faut qu'ils ne soient les maîtres du total, si on les laisse faire et que ledit roi (de Daneniai'kj vienne à succomber. Ainsi toute l'Alleniagne subjuguée leur servira de marchepied pour monter,

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