LE SECOURS DE CASAL
Besan(;on et de Vignoles, « soutenaient les travailleurs », qui ouvraient (( dans les champs des chemins nouveaux aux gtîus de ^-•uerre », pour leur iierniettre d'avancer (au moins dix hommes de front), « afin que les chemins ordinaires ne servissent qu'aux vivres, à l'artilleiie et aux hagages (1) ».
Le 23 octohre, l'armée n'est plus qu'à quatre milles de Casai et i>ientôt, le 26, à un mille. Les maréchaux découvrent au loin les fortifications et les nmrailles. Devant eux se dresse la place de j^uerre, qui est au pouvoir de l'Espagne, et, dominant la ville, la citadelle défendue par Toiras. Nec m nec fraude, selon la lière devise qu'il a gravée sur sa monnaie de Jironze, Toiras ne se laissera houter dehors ni par la force ni par la ruse. Les mal'éciiaux n'attendent que le signal qui doit paraître au-dessus do la citadelle, une fumée épaisse s'écliappant de l'une des tours... Et voilà de nouveau le Mazarin : j)our la dernière fois il représente avec une éloquence et une mimique supérieures, la puissance de l'armée d'Espagne, la résolution (pii l'anime, les dispositions de ses chefs, la force <les retranchements. L'agent du Pape n'a jioint exagéré la dlfliculté de secourir Casai. Comme l'a écrit le maréchal de La FoiTe dans acs Mémoires, « c'était une haute entreprise ».
« Jamais, constate le mai"échal de Schomberg, il ne lit un si heau jour et semi>lait que le soleil eut redoublé sa lumière, pour faire voir plus distinctement les particularitt^ d'une si grande et si importante action. Déjà le peu de chemin qui restait à faire pour joindre les ennemis, permettait à tout le monde de voir leur ordre; (pii paraissait fort beau \2). » Derrière leur grande circonvallation, les troupes espagnoles comptent huit mille hommes de plus cjue celles du Roi. Il faut, en cas d'échec, faire onze journées de marche en pays ennemi « sans aucune retraite ni faveur » et porter avec soi ses vivres. Mazarin attend. Congédié, il part, non sans jeter, avant de regag-ner les retranchements espagnols, un regard inquiet sur les troupes françaises qui se préparent à attaquer.
Sortant de la citadelle, Toiras ahgne deux cent cinquante niaî-
(1) Mémoires du Cardinal de Richelieu, cdition Peftlol, t. VI, p. a23.
(2) Pèie Griffet, Histoire du Règne de Louis XII l, t. III, p. 718.