‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 112 sur 172 · CAPITULATION EN BLANC · texte numérisé non relu

CAPITULATION EN BLANC

très et cinq ou six cents hoiniups, n'attendant, pour donner, (ju*le coiiHiionrf'inont du foniliat. !.«• nua^'i' <!<• funn'*«* virnt ♦•nfin «1. s'(''lov«'i' sur les tours de lu citadrlle do Casai, Les trou|H's dit H" niarclient rapidement aux tranchiSes espa^'-noles. Le maivriiai d< La Force conduit l'aile droite, le nianVlial de Marillae l'ail gauche et le niaréelial de Schond)erg le centre, parée <pie c'est sou tour de commander (1).

A demi-portée de canon (deux ou trois cents toises), on fait halte pour la prière. Un coup de canon retentit dons le profond silence, c'est le sij^^nal. I.es troupes s'élancent à l'attacpie. l'nardeur indicible les jette en avant, Kt cependant elles s4Mnl>leiit selon l'énerjiique expression de l»ontis, « se mirer dans l'emltoii chure » des pièces qui, jxiintées le lon^ des retranchements ennemis, ne peuvent manquer de produire un terrible carnap Les hommes marchent, résolus et « serrés, avec un silence, ohserve Schomheri;, cpie la liberté fran(;aise n'a point aecoutumé de pratiquer en pareilles occasions (2) ». Déjà plus avancée, l'ail' gauche va atteindre l'ennemi. Soudain un cavalier sort du camp espagnol. Il vient au gpalop, brandissant une feuille de papier que le soleil éclaire. Il l'agite ; il s'approche. On entend sa voix « Halte, Halte! crie-t-il, arrêtez, arrêtez! » Les maréchaux arrêtent à grand'peine les troupes; quelques hommes exaspérés déchargent leurs mousquets dans la direction du trouble-fête. C'est Mazarin !

Mazarin est « heureux ». Il passe à travers les balles; il est admis à parler aux maréchaux. Les généraux d'Espagne lui ont remis cette feuille en blanc pour que les généraux de France y dressent eux-mêmes les articles de paix. Une conférence s'ouvre bientôt entre les chefs des deux armées et se déroule sur le terrain qui sépare Espagnols et Français : « Il faisait fort beau voir, nous dit le maréchal de Schombcrg, cette entrevue de tant de gens de qualité, armés de toutes pièces, à la vue de deux grandes armées, pour décider un différend l,e plus important de la chrétienté ». Embrassades, compliments, échange de paroles et de signatures :

(1) Mémoires de M. de Puyse'gur.

(2) Père Griffel, Histoire du Règne de Louis XIII, t. IIF, p. 720.

lACQyES NOMR^R DE CAVMONT Du<: de la Fc^rceTatr ef^M'^de France Lie4Jtan^ Gràxl dej amiees du Roy en Italie. Lorrains. PajjaAlhrna^fj£Fitr deFrancûu de Càiaruyvt et de Dame J^/uli^s dt.* BeaupoU; riqfqud a la Forer Ifi a^ Dec. ' tyy^ .

LE MAKÉCHAL DE LA KOKCE

d'après une gravure de Moacoraet

Page 1