‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 115 sur 172 · LES DERNIERS EEFOR'I'S DE LA CABALE · texte numérisé non relu

LES DERNIERS EEFOR'I'S DE LA CABALE

de nouveau tout puissant, toujours impitoyable, ferait dresser pour lui un échal'aud à Toulouse.

Lors<iue le Roi avait paru si près de la tombe et son frère si j)rès du trône, d'autres lettres et d'une autre portée avaient francbi, dans les sacoches des courriers, les cent seize lieues ([ui séparent Lyon de Paris. La comtesse du Fargis, dame d'atour d'Anne d'Autriche, avait écrit à Gaston, pour lui proposer, le cas échéant, d'épouser la veuve de Louis Xill. M. de La Villeaux-Clercs, secrétaire d'Ktat, avait écrit aux « bons serviteurs du Roi » pour les rassurer. Des deux parts, tout était en suspens. Car l'amélioration constatée le 30 septembre n'éloig-nait pas absolument le danuer. Louis XIII. transporté dans le (piartier Heihîcourt, sur la rive f:;'auche de la Saône, dans l'hôtel de M'"" de Chaponay (1), connut encore des heures de souflrance et les enneotis du cardinal des heures d'espérance. C'est alors que se tint le mystérieux conseil où le maréchal de Marillac, à la veille de partir pour l'Italie, le duc de Guise et le maréchal de Rassompierre, qui venaient d'arriver à Lyon, délibérèrent sur le sort que l'on devait réserver au cardinal, si Gaston ceignait la couronne. Marillac opina pour la n»ort, offrant de tuer le cai'dinal de sa j)ropre main ; (iuise oj>ina j)our l'exil et Rassompierre pour la prison perpétuelle. Richelieu apprit par sa police secrète le sort qui l'attendciit et vit aussi ce qu'il aurait à faire, le cas échéant, de ces adversaires sans merei : il ne devait pas tarder à appliquer à ces Messieurs les peines qu'ils avaient choisies eux-mêmes. Il ignorait cei)endant ^[uc les deux Reines avaient tenté un suprême assaut contre lui auprès du Roi. La chambre où Louis XIII se croyait sur son lit de mort, où veillait Anne d'Autriche, avait été le théâtre d'une grande scène d'attendrissement entre les deux époux : Louis Xlll « faisant de grandes excuses » à la Reine « de n'avoir pas bien vécu avec elle », promettant de suivre ses conseils à l'avenir; Anne d'Autriche énumérant tous les dégoûts qu'elle avait éprouvés au sujet du cardinal, suppliant le Roi de le congédier. Le malade aurait promis de la satisfaire, dès que

(1) Eléonor de Villars, femme d'Iluinhert de Chaponay, seigneur de l'isleméan, lieutenant général de la sénochanssée de L.\on.

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