LES ACTES SUIVENT
« Si je n'avais pas néuli^é dr iinm r un \t rrou, le cardinal «'tait perdu (1). » Marie de Médicis répéta bien souvent cette parole. Pour le iiioinent, elle était comme écrasée sous le poids des nouvelles que La Ville-aux-Clercs venait de lui apporter au I.u\einl)ouri4 , en cet après-dlner du 1 1 novend)re : le triomphe (le Uicliclieii. l'éloignement de Marillac. La Viile-aux-Clercs assurait que u le Hoi ne renq)lirait point cette charge (de g-arde des Sceaux) ni celle de premier président, sans dire auparavant à sa mère sur (juels sujets il jetterait les yeux (2) ». La Reine, entourée de ses dames et d'une foule de seijjneurs, où se pavanaient les ennemis de Richelieu et notamntent le duc d'Épernon, ne savait ([lU'i parti prendre. Elle veut d'abord monter en carrosse et courir à Versailles. Adrien de Montluc, comte de Cramail, la presse (* d'y aller, pour y faire uii vacarme et, armée de l'autorité de mère, tâcher d'en tirer son fils par violence (3) ». Trop tard; elle le sent; trop tard! Avec le même accablement sans ressort qui la lit s'aliter lorsqu'elle apprit la mort du maréchal d'Ancre, elle mène sa vie comme à l'ordinaire. F'Ue ne re«;oit de nouveau La Ville-aux-Glercs qu'à la lin de la journée pour lui dire le parti auquel elle s'est arrêtée, d'envoyer le Père Sut't'ren à Versailles. La Ville-aux-Glercs n'ig-nore pas que le
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. VI. p. 921, noie. — Mémoires de Gaston, Duc d'Orléans, p. 580.
(2) Mémoires du Comte de Brienne, p. 53.
(3) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p,33l (23oclobre 1634}.