‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 14 sur 172 · LE PALATIN ET LA POLITIQUE ANGLAISE · texte numérisé non relu

LE PALATIN ET LA POLITIQUE ANGLAISE

Cadeiiet, ambassadeur extraordinaire eu Augleterre et uon moins splendide que Carlisle en France, n'avait pas été plus heureux. On trouve, dans les Mémoires du comte de Tillières, à cette époque ambassadeur de France à Londres, ce petit talileau d intérieur digne de certains peintres réalistes de l'école hollandaise. Le roi d'Angleterre, un soir, dans la chambre du lit, avec le prince de Galles et lord Digby, écoute le beau Buckingham, exhaler en chemise, de la façon la plus rabelaisienne et la plus sonore, les sentiments que lui ins{)ire le maréchal de Gadenet. Le Hoi se tue de rire, tandis que le favori lance à chaque nouvelle note : « Voici pour l'ambassadeur de France extraordinaire! » Jacques V en tenait toujours pour le mariage espagnol, d'autant que son gendre Fré(b''ric V, électeur palatin, venait d'être «lépossédé «lu Palatinat par rKmpereui'.

Infortuné Palatin! Il avait intrigué vainement en août Itild contre la candidature impériale de Ferdinand d'Autriche. Il avait accepta* en o<tobre le tn'ine de Ijohéme, à la grande joie de sa femme, l'ambitieuse Anglaise dont le mot, digne de César, a survolé les siècles : « J'aime mieux manger de la chouei'oute avec un roi que du r6ti avec un électeur. >- (>>ui'onné à Prague, mais^ roi sans royaume après le désastre de la Mt>ntagne Blanche, fugitif, mis au ban de l'Empire, il devient à la fois le boutefeu et la victime de la guerre de Trente ans. Tout cela pour mourir en 1632, sans avoir recouvré ses États. Le mariage espagnol aiderait le roi d'.Vngleterre à restaurer la fortune de son gendre; Jacques espérait que le roi d'Espagne, dont les ambassadeurs étaient fort écoutés à Vienne, interviendrait auprès de son cousin l'Empereur en faveur de Frédéric. Après des difficultés et des lenteurs infinies, rien n'avait al>outi.

En 1G21, Philippe IV avait succédé à son père Philippe 111 sur le trùne d'Espagne. Le Pape et les théologiens espagnols voyaient d'un mauvais œil l'union d'une infante et d'un prince protestant. Las d'attendre, Jacques avait consenti, en 1623. au romanestjue voyage du prince de Galles partant pour l'Espagne en compagnie de Buckinghaui, alin de conquérir la princesse que lui refusaient les théologiens.

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