LE « VOYAGE U'AMADIS
On connaît les dôtails de ré(|uip^*e. LeH deux chevulierj» erranttt s'oinharqiiciit à Douvres, aUnMrs d<i fausses IjarWes et de fau\ noms, (juiftrnt \rurs liarlies à Paris et, rendus nirronnaissaltlcpar les |)eri*uquiei"s à la mode, se font préwnter au duc de Mont J>azon comme deux gentilsliommes anglais de iiassiiK<^ dan» la capitale et désireux d'admirer les ftHcs de la Cour. I/»s voici au Luxend»ourfr. assistant nu «llner de la Reine mcrc; 1rs voici au Louvre, regardant le galant sp«'cta<lc «lu lialict de Junon. Xmw d'Autriche y figure ainsi que « dix-neuf )>elles danseuse», parmi lescjuelles la Heine est la plus belle », — constate le prince <l< dalles (car c'est l'avis de HucUingliam;. Le futur Charles 1"^ est fort sensible à la heaulr dAnin* d Autri«!t'' l"! t |»cii :i irlh- d«* la princesse Henriette, sa future épouse.
Le 17 nuirs, au crépuscule, les voici à Madri<l. dans une ni« écartée, à deux pas de la Calle de Alcald, devant la porte d» l'ambassade d'Ang-leterre. Thomas Smith flUickinghann, sa valis» sur l'épaule, se fait recevoir à grand peine par l'ambassadeur lord Bristol, tandis que John (le prince de Galles), dontlasilhouctt* se confond avec la muraille, garde les chevaux de l'autre lM> do la rue. Le])rince, dix joui*s plus tar<l, est logé au palais, combb de présents par la Heine (Elisabeth de France;, célébré par Lop<. de Vega. Tout Madrid répète les vei"S improvisés par le poète :
Carlo Esttiardo soy Que, siendo amor mi guia, Al cielod'Espana voy, Por ver my est relia Maria.
C'est moi Cljarles Stuart qui viens, Laissant l'amour enfler ma voile, Sous les beaux cieux ibériens, Pour voir Maria mon étoile.
Cependant la Cour de Rome prépare la dispense ; les articles du traité sont élaborés et l'infante prend des leçons d'anglais. En somptueux costume, des plumes blanches à son chapeau, le prince parait à côté d'elle aux courses de taureaux, dans la loge de la Heine. Un autre jour, à la Casa de Campo, il franchit le mur du