SON SORT EST DÉCIDK
( loupe (If iiioiiliiijiK' (le fort tlilfi<il«* accès ili ". L«* cliî\teaii, l>cUi sur le roc, se dresse iinpreualile, « hors de sape et de hatterie » : Schoiuherg y loge son prisouiiier.
Au bout de quelques jours, les forces du prisomiier sont revenues. Un garde, acheté par la uiarquise de Castelnau. s'oUre pour aider à l'évasion : il apportera des cordes de soie, au moyen desquelles on pourra descendre dans les communs; là, Montmorency trouvera une ouverture qui lui permettra de courir au rendez-vous où la marquise l'attend à cheval à la tète de vingt cavaliers. Le complot est découvert, les cordes saisies, le ^arde tué, le prisonnier plus étroitement surveillé que Jamais (2;.
Le -i.'î septembre 1G32, le cardinal, entré la veille dans Montpellier aux flambeaux, quel(|ues heures après le Koi, examinait le projet d'accommodement <(ue ses secrétaires avaient préparé et que M. de lUilliun devait aller présenter au duc d'Orh'ans. C'était une assez longue pièce, où Monsieur était invité à ne plus retomber dans la faute que le Roi lui avait déjà deux fois j)ar<lonnée. il devait s'engager à ne plus entretenir aucune intelligence avec la Lorraine, l'Espagne et la Reine mère, promettre de \ï\'vc eu bon frère et sujet; les troupes (pi'il avait conduites en France, ne pouvaient obtenir aucune gi'Ace; le Roi avait la bonté cependant de leur accorder un (h'iai de six jours pour se retirer en Roussillon. Monsieur devait préposer aux diverses charges de sa maison les gens que choisirait le Roi, chasser tous ceux (jui n'agréeraient point à Sa Majesté. Puylaui'ens, principal conseiller de Monsieur, était tenu K d'avertir de tout ce qui s'était traité par le passé (|ui pourrait être préjudiciable à l'Ktat, aux intérêts du Roi «'t de ceux (jui avaient l'honneur de le servir ».
Uuant à Montmorency, nul doute sur le sort qui l'attend : i« Uue Monsieui', disait l'article, ne prenne aucun intérêt en celui (k' ceux qui se sont liés à lui en ces occasions pour faire leurs alh\ires à ses dépens et à ceux de la France, et ne prétende
(1) André Uucliesne, /.(-.n Aiili'iuilés et nc/irrc/u-s des Villes, Châlemir et /'laces. p. 732.
(2) Histoire de Henry, dernier Duc de Montmorency, p. i41.
382 (;aston acckptk tout.
pas uvoii' ù se jilaindn', (|iiaii(l le Hoi li'iir IVi'a siiliir n* qii ils ni/M'itoiit. )» Pour au^'inoiitor la clarté siiiJHtrc «Ip «ottr phrase, le f-ardinal écrit fto iiiarg-e «le sa j)i(>pre main : ■ On les traitera eoniMie ils le méritent (1). »
Trois jours plus tard, Hullion rejoitrnail M<.ii-Mt di a Béziers : il était autorisé à lui «lire «|u«' •< s'il voulait lui rem«*ttre l»uylaui'ens euti'e les mains poiii- lui laii'e suIhi' la peine (|u*il méritait (toujours la même formule v«)ilaut le iiiî^mn rhâtiiiient), il pai'donnei'ait ù t«»us l«'S autr<'s ><. Iticlndieu ne doutait pas (|u'«'n présence «l'un tel dilemme Puyiaurens n«' consrillAf. — sans hésiter, — à Monsieur do sacrifier Montmoroncv.
La Cour <|uitta M<)ntp«-ilier h' V o<t«d»re et, pai* Maz<' et Pézenas, atteii^nit Héziers «leux jours plus tard. Depuis le 2'J septeud>re, les articles «le raccommo«lement préparé par Son Éminencc étaient acceptés et si^iiés par Monsieur. D'abord (îaston s'fHait emporté : « Une fois, parlant du duc de Montmorency ». il avait osé dire (pie si l'infortuné seiirneur « était condamné à mort, il y avait plus de (|uarante f.'«'ntilshommes résolus de poignarder le cardinal (2) ». Des mots! Des njots! Tcois jours de discussion avaient suffi pour amener le prince, — entouré dans la ville de H«'*ziers par les troupes royales, — à sitrncr tout, uïéme l'abandon de Montmorency.
Le duc d'Orléans parlait à tort et à travers, comme un grand enfant balourd qu'il était resté. Le voilà sur la question de son mariage. Le Roi lui avait « donné pleine liberté de le contracter avec qui bon lui semblerait, voire avec une bergère ». Bullion avait observé cependant qu'il ne fallait pas que son choix pût porter préjudice à l'Etat ». Monsieur nomme la princesse qu'il a choisie : la sœur du duc de Lorraine, la princesse Marguerite, fille de M. de Vaudemont : « Le Roi a défendu à Son Altesse d'y penser et au duc de Lorraine aussi, répliqua Bullion. — Et, s'il était fait, réplique Monsieur, que ferait le Roi? — Il le ferait casser, repartit Bullion. Le Pape déclarerait
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. IV, p. 373.
(2) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitot, t. VII, p. 198.
rLAlDOYKK UË RICHELIEU EN KAVEUR DU DUC. JK.i
toujours nul votre niariage, s'il est fait sans que le consenteuioiit du Roi y soit intervenu. » Quelle ne fut pas la mine de BuUion, quand le duc d'Ell^euf, tirant à part les deux interlocuteurs, prétendit « qu'il y avait contrat passé », qu'il avait vu Monsieur et la princesse Mariiuerite en conversation fort intime et ■< que M. de Vaudemont avait déclaré qu'au pis aller un frère unique d'un roi de France sans enfants valait bien la peine <{ue sa fille courût fortune de se voir reléguée ahhesse de Remiremont (1) )'. Kt, en elfet. le mariag-e avait été célébré à Nancy, le 3 janvier Hi'.i'l, dans une ciiapelle de prieuré, avec la dispense <lu cardinal de Lorraine (2).
Bullion partait avec la signature du traité qui acceptait toutes les conditions du Roi et. j)ar conséquent, ])erdait Montinoi'enc\ . Monsieur, réconcilié, s'en allait à Tours avec la permission du Roi, et, pour libérer sa conscience, il écrivait à son frère une lettre qui le suppliait d'avoir pitié du vaincu de Castelnaudary (3 .
Ricludieu, ayant lu cette lettre, se rend chez le Roi : - M«>nsieur, dit-il, demande la vie » du duc de Montmorency; .vaut-il mieux pardonner ce crime ou ne le faire pas? » Il y a des raisons d'être miséricordieux. Pour aiiandojiner avec honneur la Lorraine et l'Kspagne, il faut à Monsieur un prétexte : la grAce du rebelle. « Sans cette grAce, Monsieur ne peut honorablement se l'émettre en son devoir. ■ Quelque promesse «pi'il se soit laissé arracher, il sera forcé de fuir en Espagne: il y sèmera les germes d'une guerre, car les F^spagnols lui fourniront !•■ moyen de brouiller la France »>. « Si Monsieur est réduit en cet état de désespoir, ceux (jui, ayant l'honneur de servir le Roi » sont chargés de tout l'odieux des mesures qui seront prises, n'auront plus de sécurité, parce que les serviteurs de Monsieur ne verront plus de salut (pie dans la perte des serviteurs du Roi. Kt, tandis que Richelieu parlait, le Roi, n'en doutons pas. imaginait le cardinal assassiné, tout le poids terrible des affaires retond)ant sur ses propres épaules.
{\) .Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitol. t. VIF. p. lOJ.
(2) rère Griffet, Histoire dtt Règne de Louis XIII, ». II, p. 242.
(3) Mémoires du Cardinal de Richelieu, t. VU. p. 206.
38'» AI'MKS LK l'I.AIDOYKIt, LK UKOLISITOIIIK.
Au coiiti'aiif, H si Monhi(?ur se romot dans lu vraii» oliéisKaiu»* «lu Hoi et dans une sincère volonté de rorrespondre aux fç^aiuln desseins de Sa Majesté, il n'y a rien (jn'on ne jMiisse «Mitreprcndi-e contre les Kspa^'-nols... colic, nation natiirclIfnKMit ennemie de ce Uoyannie et en>:aL;<''«' <'>Mfiv' la jmt'^oiiim' lîn r.i.i i-l I»- ltouvernenient présent ».
Ainsi Richelieu plaide ia cause de Montmorency, il ne veut pas cependant (pie le Moi s'attarde sur ces hriliaiitcs perspectives. Ai>rès un silence, il se retourne et, avec la même conviction, la même autorité, il prononce le ré(piisitoire. Pour paraître modéré (sans plus), pour laisser au Koi toute la responsahilité «le la décision, il feint de développer les arffunients d'autrui <« Ceux, dit-il, (jui estiment (pi'il vaut mieux chrttier le duc de Montmoi'ency >», assurent • cpie l'état pi*és«'nt des ail'aires a liesoin (l'un ^rand «exemple ». Le Hoi n'a point d'enfant; il passe pour être malsain. Opini<»n peu fondée. Par malheur, .Monsieur est l'héritier du Koyaunn' : ■< Si l'on ne retient par une grande sévérité, poursuit-il, ceux (pii pourraient .se porter à le servir, il peut arriver telle occasion, comme une maladie du Roi, quoi- ([ue légère, où tant de gens se déclareraient pour lui, qu'on n'en saurait soutenir l'effort; au lieu (jue, si le duc de Montmorency est puni comme il le mérite, quelque maladie dangereuse qui arrive au Roi, personne ne la tiendra assez mortelle pour se déclarer, tant ils auront peur de la punition, (ju'ils tiendront assurée s'il en réchappe. »
Les bons esprits dont Richelieu expose les arguuHMit» ii\e( une si visible complaisance, « appuient cette raison des exemples de l'histoire ». Si les crimes qu'on commet pour Monsieur restent impunis, nul doute que « les grands, les communautés et les peuples », sûrs d'avoir la vie sauve, « ne hasardent leur fortune volontiers, pour tAcher de la faire meilleure aux dépens du Roi et de l'État. La privation des charges, sans la vie, n'est rien en ces occasions », puisque Monsieur pourra les rendre dès qu'il sera monté sur le trône. Et Son Éminence profite de l'occasion pour raviver toute l'inquiétude de Louis XIII par cette formule saisissante ; « Us estimeront que hasarder
CONSÉQUENCES POLITIQUES A PRÉVOl». 385
leur fortune pour Mousieur sera la mettre à usure avec assui'auce (lu fonds (1). ))
Le cardinal étale ensuite sous les yeux du Roi les circoustauces aggravantes de la trahison : «L'affaire a été méditée de longtemps, il y a plus de huit mois »; M. de Montmorency a fait, — chose inouïe, — « révolter une province par résolution du corps des Etats », lui « un homme obligé par plusieurs bienfaits, lié de parole et de serments non exigés au Koi et aux siens, ce qui rendait non seulement son crime plus horril>h\ mais montre qu'on ne s'y saura jamais fier». Et de nouveau le cardinal touche la fibre de l'intérôt; si le prisonnier s'évade, ne le voit-on pas ardent à la vengeance, réparant bientôt, »* par tpn'lque grande action, l'imprudence qu'il a faite en se perdant à Castelnaudary par sa folle vanité (2) ». D'autre pai*t, quel avantage y aurait- il à i)ardonner? Les Espagnols en seraient-ils changés, la Heine mère moins irritée, Puylaurens moins impérieux, moins ambitieux, moins attaché à la Lorraine, Monsieur plus fidèle, plus sensé, moins dépendant de ses détestables conseillers? Toute la politique de la France, cette politique royale et dynastique héritée de Henri IV, se met alors à tourner autour de ce pivot. Pour guérir « la rage des Espagnols », il faudra abandonner la Hollande et le roi tle Suède; pour apaiser la Ueine mère, le Hoi devi'a lui sacrifier tous ceux qu'eUe hait, « se mettre absolument en sa dépendance » ; pour se concilier le duc de Lorraine, il devra <* lui rendre toutes ses places ». Tant de sacrifices ne serviront probablement de rien. D'aiUeurs il est impossible de les faire sans ruiner le Hoyaume et, si on les fait, « plus le parti de Mousieur subsiste, en ses racines », tentation permanente pour ses anciens alliés, plus il est excité, fortifié, secouru. Tandis que. Montmorency châtié, « son parti, par sa seule perte, périt en Languedoc et celui de Monsieur par conséquent en toute la France » ; « si on le garde prisonnier, ((uelques autres tètes qu'on puisse couper, il lui demeurera toujours des amis secrets, qui lui seront d'autant plus attachés, qu'ils vivront en
(1) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éà. Petilot, t. VII. p. iOe-JOy. Ci) Ibidem, p. 210.
RICIIELIGV. — T. m. -^5
:)sr, « I.A l'AlJSSK r.LFCMENCK IMXS DANGEIlKL'SE QUK LA CHUAUTi:. »
('H|)(''i'aiicc do H(î l'olcvfT avor lui <'t m rcclK'ntfn'rout HounleiinMil tous iiioycns >». Il uv faut pas « conserver Ir f«Mi sous les ccikIivs >-, mais rétoiiidro (1 ).
Ortcs il est iriiportant <!<• iw |»as irriter Monsieur ri <le lui ii:s[)irer le désir de tenir ses jn'oinesses. Mais les a-t-il jamais tenues? « Si les paroles de Monsieur étaient aeeoinpa^néc» de si^retés mathématiques, ee serait faute que de n'y ajouter ]»as foi»; mais, des sûretés matliémati<iues, il n'y on a aucune. Il faut de j)Ius considérer, — fl'après les honH esprits dont I' cardinal invocjue l'autorité, — i< (jue, si Monsieur ne sauve pa> M. de Montmorency, il trouvera moins de ser\iteurs : aussi est-ce la s«;ul«' raison pour laquelle le Hoi doit vouloir le (Initier. Kt Monsieur ne le doit pas trouver étran^**, vu qu'ainsi ([ue les chirurgiens ne peuvent souvent sauver la vie d'un honiUHsans lui couper le hras, c'est le seul moyen de sauver Monsieur -
fticludieu va même jusqu'à dire que Monsieur peut, sans s» déshonorer, sacrifier son complice. « puis([ue la nécessité \'\ contraint, au lieu ((ue Sa Majesté ne saurait faire ce cpi'il lui demande, sans commettre une faiblesse hlAmahle et se mettre au hasard de ])is (2) ».
L'impunité du criminel est plus danf^'ereuse ((ue la fuite de Monsieur eu Kspafrne. Monsieur, à la cour de Ma<lrid, sera peu à craindre, quand il lui sera impossible. Montmorency étant chAtié, de remettre en France « un ^«-rand parti sur pied )>. L'argument de sa propre sûreté compromise, si justice est faite du criminel, Richelieu ne veut i)as en tenir compte : « Il ne se considère point. lorsq[u'il est question des intérêts de son maître, si ce n'est entant que sa perte lui pourrait porter préjudice ».
Poussant à fond la hardiesse de son système et sa foi dans la majesté royale, Richelieu va jusqu'à tenter Louis XIII par une sorte de concession. Il insinue que la bonté du Roi peut, au cas où M. de Montmorency serait condamné à mort, « surseoir l'exécution de l'arrêt » jusqu'à « la première mauvaise conduite » de Monsieur. Pour user de cette mesure il n'est besoin que d'une
(1) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitot, t. VII. p. 213-214.
(2) Ibidem, p. 216.
LA liOI ÉCOUTE ET SE TAIT. 387
g-ardc assurée du eriniinol « qui. (|uoi([U(' dillicile. n'est pas impossible (1) ».
« Tel prince ou tel niag-istrat, dit 1<* cardinal dans son Testament politique, craint de pécher par trop de rigueur, qui tiendra conipte à Dieu et sera blAnié de toutes les personnes sages, s'il n'exerce pas celle que les lois lui prescrivent. Je l'ai souvent représenté à Sa Majesté et je la prie de s'en souvenii* avec soin : certains monarques doivent être détournés de la sévérité, à laquelle leur inclination les porte ; vous avez besoin an contraire qu'on vous dissuade d'une fausse clémence plus dangereuse (jue la cruauté, parce que l'impunité cause une infinité de mauv «pii ne se peuvent arrêter que par les cliAtinients. »
Louis XIII, obstiné. passiuiiiH- il IiopI n > attarliaiit ;i un iiiiiMstrr dont il sentait bien (piil ne pouvait pas se passer, indiqua iiicisivement dans son demi-mutisme habituel, qu'il ferait de Montmorency « une justice exemplaire à tous les grands de son Royaume, comme le feu Roi l'avait faite utilement en la personne du maréclial <le Rirou >».
l/intérieur de l'église des Augustins de Rézier*s présentait, dans la matinée du 11 octobre 1632, un spe<tarle que la Rein«* tenait à ne pas man([uer. Installée derrière !«' maitre-aut«*l, dans une tribune, avec les duchesses d'Uzès, de Montbazou et de Chevi-euse, Anne d'Autriche voyait sans être vue. Ses regards se portaient sur une estrade recouverte de tapis somptueux, longue de huit toises et qui, devant l'autel, occupait toute la largeur de la nef. Au milieu de l'estrade, assis sous un dais, sur un trône de velours cramoisi à galons d'or, Louis XIII attirait tous les yeux : il parlait aux Etats de Languedoc, qu'il venait d'ouvrir. Le mar([uis de Gor<les et le comte de Charius. capitaines des gardes, sont debout tète nue, de chaque c6té du fauteuil royal, qu'entourent des officiers et des gardes du corps et devant lequel deux huissiers de la chambre tiennent leui*s masses à genoux, le visage tourné vers le Roi, Formes, pliants, carreau, chaises à bras,
(1) Mémoires du Ciirditial de Hic/wliru. éd. Pelitol, t. VII, p 21G.
388 I.K HiJl A L'ASSEMBLKK DKS KTATS.
tout un mobilier <lf voleurs cramoisi jMiitr Ii'k plus hauts {ktkoii nages do la Cour. A la «Iroite et aux pieds du Koi, sur une forun le cardinal. Hiciudieu est en roclirt et caniail violet. Près de lui «Ml «lenil comme lui <Ie rinfant don Carlos, le cardinal de 1... N alettcî. Puis, en rcîtour, sur des pliants, h-s maréchaux «le Vitr) de La Force et de Schond)erK. l-e duc de ClievreuHo, ^rand chaud)ellan, est assis sur un carreau de velours qui recouvre 1 première marche du trône. \ trois pas (h> cette marche, le su» cesseur d(^ l'infortuné .Michel dv .Marillac, CliAteauneuf, K*>i*de iU>. Sceaux (h* Fi'ance, sièg-c sur une chaise à hras .sans dossier; autour de lui, trois huissiers du Conseil, leurs chaînes d'or en échaipe sont à /L^'enoux. Voici, à gauche du Uoi, en face des maréchaux auxquels ils ont cédé leurs places, h's du«-s d'C'zès, rie lietz et dr Ventadour: d<'rriére eux, les quatre premiei-s ^gentilshommes de la clwnnhre, Liancourt, Hrézé, Saint-Simon et .MoHemart.
Le clergé de la province i l'archevé(pie de Narhonne, les évétpies de Lavaur. de .Montpellier, du l*uy, de Carcassonne, de Saint-Papoul, de Viviers, de IJéziers, de Castres, «le liieuv. d'Agdc et le grand vicaire de Mendc) .est assis quatre degr< plus bas que l'estrade, à droite <lu trône, contre les chapellede l'église; de l'autre côté, est le hanc de la noblesse de Languedoc, au milieu de laquelle on reconnaît le vicomte de Polignac et le marquis de Mirepoix. Derrière cette noblesse, les députés du Parlement de Toulouse et de la Cour des compte^ aides et finances de Montpellier. Tous les yeux sont tournée vers le trône; entre eux et l'estrade et leur faisant face, le> secrétaires d'État, La Ville-aux-Clercs. La Vrillière et Houthillier. se coudoient sur un banc de drap bleu, devant une tabi recouverte d'un tapis. Derrière eu.v, le surintendant des financeet les conseillers d'Etat; vis-à-vis d'eux, le dos tourné au bas de l'église, sur un banc qui traverse la nef, les trésoriers de France, les s^Tidics généraux, les secrétaires ou greffiers de> États, les députés de Toulouse et de Montpellier; puis, pêlemêle sur cinq ou six bancs, les députés du Tiers État «et plusieurs personnes de toutes qualités », entrées « par la faveur de ceux qui gardaient les portes » et contemplant ce splendide