LE MAR[\GE ET LES CATHOLIQUES D'ANGLETERRE
tenir son premier cercle, ce que les Anglais appellent un draicing-room. Le soir de cette fatigante journée, — il \ a douze lieues de Douvres à Cantcrbury, — on procéda, dans le couvent de Saint-Augustin, au mariage anglican, et. dans le palais de rarclievcque. M'"* de Clievreuse donna la «hemise à la jeune mariée, qu'elle coucha dans le lit qui servait aux ambassadeurs extraordinaires, — un lit, affirme Tilliére><. ' moins infâme que celui de Douvres ». C'est là (jue vint la rejoindre son époux.
Le lendemain, un courrier chargé <le lettres et envoyé par MM. de La Ville-aux-Glercs et d'Efliat. travewMiit la mer, pour ainioncer à Marie de Médicis que le mariage de Leuis Majestés )»ritanni(jues << avait été consommé à leur commune satisfaction >».
La nouvelle atteig^nit Rirlielieu à Fontainebleau. Le cardinal tenait à son œuvre. Il voulait que Henriette sût plaire à Charles l*^ Il le lui avait fait «lire avant le «lépart d'Ainieus, en une admirable lettre de Marie i\v Médicis qui était une instruction du Père de HéruUe. bien ditfércnt de Napoléon I", «jui, dictant ses devoii-s à son fi'ère Louis promu roi de Hollande, avait atlopté cet ordre singuliei- : • d'abord les devoirs envers l'Kmpereur, ensuite les devoiiN envei-s la France, enfin les devoirs envei-s la Hollande », le porte- pai*ole de Richelieu avait commencé par ce <jue Henriette devait à son mari; mais, très habilement, il en était arrivé à ce qui intéressait le j)lus le cardinal : .< Votre qualité de Keine, expliquait-il, vous lie à l'Angleterre et, partant, vous devez désormais en considérer les intérêts; et, parce qu'un des principaux est dètre inséparablement unie avec ce Royaume, à qui telle union importe également, vous êtes obUgée de vous l'endre le lien et le ciment de ces deux Couronnes. »
Richelieu i-egardait, en etl'et, Henriette de France comme une sorte d'ambassadeur intime autrement puissant et stable que les Chevreuse, la Ville-aux-Clercs et d'Efiiat. A tous il recommandait les catholiques d'Angleterre, et chacun d'eux avait ses instructions. Pourquoi Cliarles V^ ne cesserait-il pas de pei*sécuter c«s catholiques infortunés, puisque Louis XIH,
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loin <lf jKîrsi'tcuter les protestants. « donne à (juel«jue*»-unH d'entre eux de ^Tands emplois dans ses armées >■ et ur ciiorclie que la ruine « des s«'ditieux et brouillons de «on itoyannie »». a <|uel((ue religion <{n'ils appartiennent? De part et d'auti-e, éiralité (le trailenienl, tol«'ran(e à Irganl des lioninif^s paisitdeh, libellé d'actiou récipro({uc à l'égard de» rebelles. Sur ce dernier ])oiut, Richelieu espérait avoir obtenu un avantage qu'il ronHidérait comme (•aj)ital, car. Justement, le parti protestant lui donnaif hicii <lii somi.
La Valteline, le traité de Monçon. la paix des hug^uenota.
Il i'aut mainiriiaiil r<-\i-iiir en anin-c ri >ui\ ce il.iii> le <ii-Uid le long travail <ii[>lomati(pie pai' lecpiel Uiclielieu. apr«>s avoir, ])Our le moment du moins, lié les mains à la politique anglaise, tente de conduire à bonne fin la double négociation qui doit couronner ses efi'orts sur le continent. •< en imposant la pai\ à l'Espagne par crainte de la ])ai\ des huguenots cf la j>ai\ aux huguenots par crainte de la paix d'Uspagne > .
Hapjiclons où en étaient les choses. 1^ point de départ de la nouvelle crise était dans un coup de force de M. de Soubisc, frère du duc de Rohan, ce même Soubise que nous avons vu, en 1621, s'enfermer dans les murs de Saint-Jean-d'Angély et <lemeurer plus de six semaines sans ouvrir au Roi.
Pardonné, il avait juré de ne plus porter les armes contre son prhice. xMais, dès 1622, ce même Soubi.se, " l'infAme Soubise », comme le (jualitie, dans ses Mémoires, le cardinal de Richelieu, s'était emparé des Sables-d'Olonne. Puis, voyant Louis XIII fondre sui* lui, il s'était, suivant la saisissante image de ces mêmes Mémoires, retiré à La Rochelle, ainsi que « les oiseaux craintifs qui se cachent dans les creux des rocheis. quand l'aigle les poursuit ».
Gracié de nouveau, l'oiseau craintif s'était mué en oiseau de proie. Sentant le grave mécontentement répandu dans le pai'ti réformé du fait des réponses dilatoires du Roi. notamment en ce qui concernait les fortifications de Montpellier et