‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 29 sur 172 · LA MAISON DK LA HEINE EST UKNVOYKE · texte numérisé non relu

LA MAISON DK LA HEINE EST UKNVOYKE

pas moins «ioiico : quaiwi i<> Koi son mari n'appi'ouvfn'a paH sa conduite. il n auni (|n'à lo lui «lire. **1U> la l'érorriH'ra le \f*ntUmain >». (in autre jour onlin. (Charles arrive en pcrHonnc. mai c'est Huckinju'liam ({ui ])arle par sa houche : « l.c <lu<- de Hurkin gliam, f-ommonce-t-il, et le ninripiis <le llamilton m'assuren que, si vous étiez leur- femme, ils us<*rui<Mit do leurs droits d' maris jdus souvent (pie je ne Je fais... >■ Henriette aussitôt d'a^ surer (pie les volontés de son époux sont les siennes : elle le prits(udement <le les lui l'aire «onnaltre lui-même : ee qui désarme le ministre et enchante le Uoi (1;.

Buckingham suldtenuMit « change do style > et devient, à l'éfiai'd de la Ueine, le plus iraLint des serviteui-s : ce n<* sont ({u< « b«^ls, musicpies, divertissements, propos civils et ^'inicieux Il semble vouloir la conquérir; il ne cherche qu'à la duper, pour la mieux desservir auprès du Roi, « rpi'il veut po8.s<'der unitpienient ».

Ixîs incidents se multii)lient : c'est la comtes.s<' de Heidiiiili (|ui fait «lire le prêche dans la salle des gardes de la Heine, de sorte que la Reine oflensée se précipite hors de son appartement avec ses filles d'honneur et trouble la fête; c'est le ministre de la paroisse ipii ])rétend. — pure calomnie. — ({ue deux valets de la maison «le la Reine, occup«''s à tirer «le petits oiseaux «lans un verger, ont essayé de le tuer à coups d'arquebuse sur un ban< de son jardin; c'est Charles lui-même cjui veut régler selon !> bon plaisii' «le son favori la maison de si» femme.

TUlières «lépêche le Père «le Bérulle au cardinal; le <:^rdinal <lépêche un ambassadeur extraordinaire. M, de BlaLnville. au roi d'Angleterre. Peine perdue ; Buckingham, à la veLQe d'aller suile continent signer un traité avec les Hollandais et plein de l'espoir de passer en France, où l'appelle son amour, paie de bonnes paroles l'ambassadeur extraordinaire. Mais, quand il rexient à Londres, toujours dévoré du désir de se rendre à Paris, l'ambassadeur lui répond qu'il n y .sera reçu que s'il exécute les articlesdu contrat «le mariage impudemment xiolés.

(1) Voir Mémnires, t.\, p. ■nG-'>3\ . Mémoires du Comte Le Veneur de TUlières. p. 118-147 et Affaires étrangères, CoiTes(ion«iance politique, Angleterre, 41. £i>L 283-3*i8»

LE MÉNAGE KOVAL. Ct

liifliculté uouvelle : le Roi veut être couronné : la Reine ne veut j>aH l'être à cause des c«*rénionies anglicanes, dont le Roi ne consent pas à la «lispenser. Le couronnement a lieu sans elle.

Le Parlement va s'ouvrir <lans quelques joui-s. Le détilé des j)aii's et des députés gagnant Westminster à cheval sera bien curieux. Henriette t'ait préparer la irran<le salle de Wliitehall, jïour y assister des fenêtres qui «lounent sur le passage du coi*tège, mais Charles préfère qu elle s'installe aux fenêtres de la comtessi' d<' liuckingham, mèi-e de son favori. Elle se dispose à obéir, Malheureusement il pleut. Craignant de « gâter sa coitfure ». <'Ue demande la permission de rester au palais et l'obtient non sans peine. Ce n'est point là ce «|ue voulait Huckingliam; il comptait que le Parh'mcnt, apei-cevant Henriette aux fenêtr<^s de sii mère, le croirait dans les bonnes grâces de la Reine. Ruckingham gourmande Charles; il se fait envoyer à Wliitehall et gourman(h' Heni-iettc. Sur le conseil de M. de Rlainville, Henriette .se iviid chez la comtess*' de Ruckingham. Aloi*s le favori, que l'intervention tle Tandiassadeur a mis au comble de l'irritation, se plaint à son malti*e et la Reine weoit lordi^e de s<> retirer. Charles, un peu plus tard, la ti*ouve seule «lans sa chand>re; il exige quelle inq)loiv son pardon: et comme elle le «* conjure de lui dire en t|uoi il se peut tenir pour oflensé : — Kn ce que, répond-il. vous m'avez assuré qu'il pleuvait, quand je vous ai dit qu il ne pleuvait pas. »

Les moinili'es actions de la Reine sont condamnées : sa religion et sa patrie sont ses crimes. Henriette vient-elle de Hampton Court visiter incognito les magasins de Londi*es et se permet-eUe d'y faire quelques emplettes; la duchesse de Chevi'euse, passionin'*e pour les « sports >- connue une Anglaise de nos jours, traverse-t-elle la Tamise à la nage; les Anglais d'alois. qui aiment l'étiquette et ne peuvent souffrir les baignades, murmurent avec dédain : < Voilà bien ces manies françaises. "

Ruikingham incline de plus en plus à renvoyer en France la maison de la Reine. Il conseille à M'"" «le Saint-Georges de j)Ousser Henriette à mieux vivre avec Charles: il promet <le pousser Charles à nûeux vivi*e avec Henriette. La Reine, heul'euse d'avoir recouvré

'(>ï LES CATHOLIQUES HAFii.ELKS.

les honnoH ^râri's de son «'ixiiiv <>t rroxant en a\oii- ohli^'ation ;iuv coiiHoilK (io ItuekiiiLliaiii. tait iiM'illriir viKa^o au favori. I.' hoIlAtro. rMiliarvIi. lui pailt' aussitôt d aiiioiir. Ilnlai^'iii'. il <> vent!** : il ])f'rsiia<l(' au Moi «pu* la Hciiw w srst nioiitrrc plu coinplaisaiite que pour oln-ir à M"" t\o Saiiit-ffOorve»*: il roiilio M'"* (le Saint-Gcorfres <jiio •• h* Hoi se i>laiiit >\o «•«' que la Hc\uf m avec trop «le rotenue quand ils s<iiit roufln's ciiMMulil'* •; M"" d- Saiiit-(ieor)Lfes ri'pond " <ju elh* iw sr iiirlf pas des cliosr's qui •*♦ .l'ont dans le silence delà nuit ". Mais ituckintriiani se parde bien de transmettre cette n'poiise à son niaitre : ilrs (pic M"" de .Saint <icorges, assure-t-il, a connu la lr(Mdcur de la Mcinc «Ile promis d'y remédier ".

Vn matin, à son lever. Cliarl<»s, ayant trouvi* llenriettp moiu r<^scrvùe «pic de coutume, envoie (pu-rir son favori et lui annon< ■ triomphalement (pie les conseils de M'"" de Saint-Georges ont port(^ leurs fruits. Huckintiliani ])eriidcnicnf s'étonne : est-il possible (|ue le Koi t;arde auprès <le sa leninjc une daine du lif «mi possède un tel empire sur l'esprit de sa maîtresse?

Charles n'est malheureusement que troj> facile à exciter conti M""" de Saint-Oeorf^es. N'a-t-il pas évvW à Marie de Mi-dicis : « C'est elle qui, hless«'*e de ce que je lui ai refus*' de monter en carross»avec nous, parce (ju'il y avait là des dames d'un ran^ plus /dev» a mis ma femme en mauvaise humeur contre moi (1;. )>

D'après un récit de l'infortuné Roi lui-même, on peut se fair une idée de leurs duos d'amour. Les voici au milieu de ce silen» de la nuit dont j)arlait M"" de Saint-Georges: le Roi est couch< la Reine lui met dans la main une liste des p-ens quelle a choisi- €omme « intendants de ses revenus >», et presque aussitôt la querelle éclate : « Pour ce qui est des Fran(;ais. dit le Roi, il m'est impossible de les y admettre. — Mais, observe la Reine, ils ont des brevets signés de la Reine ma mère et de moi. — Il n'est pas en votre pouvoir, reprend Charles, ni en celui de votre mère, de désigner personne pour ces emplois sans ma permissioi Gardez donc vos terres pour vous, réplique Henriette, j'ain:-

(1) Comte de Bâillon, Henriette-Marie de France, p. 23.

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