‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 32 sur 172 · LA FOLIE DE BIXKINUIIAM · texte numérisé non relu

LA FOLIE DE BIXKINUIIAM

Les premières conspirations.

Malgré les déhoiros occasionnés pur le Miaria^^e d'Anf^letiTre, le cardinal de Richelieu est encore tout à la joie de ses premiers et prompts succès. Ce mariage a déconcerté ses grands adversaires du dedans et du dehors; la double paix, négociée avertant d'industrie, a été, en somme, le fruit de cette union si adroitement réalisée ; dans railairc de la Valteline, on a gagné une première manche, car, si l'affaire n'est pas totalement résolue, les forts n'ont pas été rendus à l'Espagne; le Roi et l'opinion accueillent ces résultats avec satisfaction: une période d'accabnif s'ouvre enfin : tout cela permet au cardinal de se retourner vers les affaires intérieures qui le réclament. L'âme inquiète de Richelieu commence à prendre confiance et courage, quand soudain des bruits singuliers viennent vers lui, soit par voie officielle, soit par ces mille canaux particuliers que sa prévoyance a su se ménager.

L'x\ngleterre a le sentiment qu'elle a été trompée. Lorsque les conditions du mariage ont été connues, le Parlement a mis sur la sellette le favori détesté : il lui fait un crime d'avoir adouci la condition des catholiques d'Angleterre. Buckingham, qui comptait sur des éloges, ne pardonnera pas.

Les protestants de France se sentent joués. Ils ont cru à un rapprochement des deux Couronnes et des deux politiques, an-

PLALNTES UNIVERSELLES. ê»

glaise et française, et ils se trouvent en présence, tout au plus, «l'une alliance de famille, sans effet sur la politique générale.

L'Espagne a été jouée plus encore. On avait besoin d'elle ; c'est elle qui aurait dû obtenir des avantages on Valteline et en Italie : on les lui a, en quelque sorte, dérobés. Ses yeux se sont ouverts maintenant, et elle ne songe qu'à se dégager d'un accord surj)ris et qu'une trop habile exploitation de ses propres embarras a su lui imposer.

Le Pape n'est guère satisfait. Les disj>enses du mariage lui ont été arrachées par des déclarations and)igui^, par des rédactions g-raduellement mo<litiées, et le voilà obligé de démolir lui-même les forts de la Valteline, de souscrire à la diminution de l'Kspagne en Italie, en Allemag-ne et dans tout l'orbe catholique. Ce coup, asséné à la Papjiuté de la main d'un cardinal sur qui on avait fondé tant d'espoir, retentit dans le sein «les congrégations et dans ce tourbillon de combinaisons secrètes qui environne le Saint-Siège. Le légat Uarborini est rappelé et le « ]>artenient de M. le Légat », qui s'éloigne en faisant cla([uer les portes, va inai>(]uer l'irritation <le Hume.

G'tte irritation gagne les catholiques de France, Klle s'est affirmée déjà, nous l'avons vu, dans des libelles sanglants dirigés contre le cardinal : les Mysteria politica attril)ués à un Jésuite, le Père Relier, confesseur de l'électeur de Bavière, et surtout YAdmonitiOy par laquelle, « brièvement et fortement, on démontre que la France a vilainement et honteusement fait une ligue, impie en ce temps, contre les catholiques, ([u'elle ne saui*ait ])oui*suivre sans préjudicier à la religion ». Polémique non négligeable, car elle donne des arguments à l'opposition qui commence à se grouper autour de Marie de Médicis.

Ce n'est pas tout. Le duc de Savoie ne cache pas sa colère. On a signé la paix d'Elspagne sans le consulter ni même le prévenir. Il allait prendre Gènes et pénétrer dans le Milanais ; et l'armistice lui arrache cette double proie.

A ces diflicultés extérieures le teuq)s et une habile conduite des affaires peuvent porter remède : des ambassadeurs sont envoyés aux diverees coui's ; ils donnent des explications,

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