‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 33 sur 172 · LA « CABALE « SE REVEILLE · texte numérisé non relu

LA « CABALE « SE REVEILLE

ils essaient de pallier les iiiéconteiitciiiciits (1 j. Mais il y a, pour Hicliolicu, des dangers plus proches et d'abord le rinque d'une ^l(''favour que les mécontents et Icscah.'iles iinpos^-raient au ji'une Roi toujours si inq)ressioiinai)I<>. (ne querrllc, d<"v«Mnn* pour ainsi dire universelle, anime les opposants de l'intérieur et leur donne force et courape. Ce cardinal, où veut-il aller? Il houlevei-so la ])olitique des « niariaf^cs cspatrnols », cell«* de la rein** Marie de iMédicis sa protectrice, celle «le tout un grand paili qui attendait le succès de son ariivée au pouvoir et qui se M;nt condamné par son silence sévère. Où va-t-il, encore une fois? Fautil le laisser grandir et mener la l»ar(|ue où il lui plait? Kji somme, il n'est rien par lui-même, il n'a d'autre appui «pie la faveur toujours in<onstant«' du Uoi; il irap]»arti«*nt à aucun groupe : et comment, sans ra])pui d'un groui>c, se soutiendrait-il? Puisqu'on ne peut compter sur lui et que ses j>remiers actes l'évèlent en sa pens«'e «les desseins seci'ets et une force dangereuse, le mieux est de s'en défaire : « Dès le commencement «le l'année (1626), c'était un bruit qui courait par la Cour et dans tout l'État qu'il s'y formait une grande cabale (2). » A la tète de cette cabale, le propre frère du Roi, Monsieur (alors duc d'Anjou), poussé par le maréchal d'Ornano. On fait luire aux yeux de ce jeune homme sans volonté et sans foi, la royauté si Louis. XIII meurt ; on lui laisse espérer une part de l'autorité, si, le cardinal tombé, la Reine recouvre la sienne. Après le frère du Roi, les frères naturels, le duc de Vendôme et le grand prieur de Malte, appuyés sur la forte position qu'ils occupent

(1) Nous donnerons de jtlus amples détails sur celte éternelle négociation que Richelieu, conseillé parle Père Joseph, suit avec les deux partis opposés en Europe fi surtout en Allemagne. Lepré-Balain indique le sens général de cette |>olitique si souple : « Ensuite, on envoyé visiter les Princes souverains, les Républiques et même les Villes impériales qui étoient bien fort ennuyées du joug pesant de la maison d'Autriche et gémissoient des mauvais traitements qu'on leur faisoit souti'rir... » Et un peu plus haut: « On envoya des députés et agents à plusieurs princes j'our sonder et reconnaître leurs sentiments et tâcher de leur en marquer qui découvraient la tromperie dans laquelle on les précipiloit, ce qui a réussi de sorte que l'on en a reçu le profit dans la nécessité des affaires. » Le principal de ces agents, après la paix de Mooçon, fui le comte de Marcheville, dont les Instructions, rédigées sans doute par le Père Joseph, sont publiées dans le Supplément de Lepré-Balain.

(2) Mémoires, t. VI, p. 5.

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