EFFROYABLE CONJURATION
en Bretagne; M'"" de Ghevreuse, la redoutable intrigante, héritière de toutes les rancunes des Guises et des Luynes; les l'éfoi'UK'S bien entendu, et niônie certains niendjres de la maison du Koi, au preniiei' rang Glialais, maître de la gai'de-i'obe : enfin tout l'entourage de Monsieur : Déageant, Modène, Puylaurens, Bois d'Knnemetz.
Monsieur (juitterait la Gour, se réfugierait soit dans une province frontière, soit à l'étranger; il s'ai)puierait sur la Savoie, l'Espagne, l'Angleterre, la Hollande, les protestants, les catholiques, les grands, tous ceux qui ont à se plaindre ou à se garder du ministre, de ses actes, de ses intentions. Tous ensemble ils pèseraient sur le Roi pour obtenir la disgrAce du cardinal, son éloignement, son emj)rit»onnement... Sinon, l'exomplc de ce (jui s'était passé pour le maréchal d'-^nciH» n'était pas si loin ; une crise ministérielle se dénoue assez naturellement par un assassinat.
Kn présence de cette i< etl'royable conjuration ", plus ou moins avérée, mais qui assurément a pu séduire bien des esprits frivoles ou des âmes passionnées, le cardinal prend les devants et marche sur ses advei-saires. Le Roi est averti : n'estil j)as personnelleuient en cause? 11 s'éujeut, cherche autour de lui un appui, un conseil... l'n conseil? Vu seul, donnée la fois par Richelieu et par le maréchal de Schomberg : pi-évenir. agir. « En matière de conspiration, il ♦st presque impossible d'avoir des preuves mathémati([ues » ; le Roi est obligé en conscience de pourvoir au péril de l'État.
Le Roi envoie quérir, le i mai 1G2G, à dix heures du soir, le maréchal d'Oniano. Le sieur du Hallier, capitaine des gardes, a re(;u des ordres sans réplique et sans suspens. Ornano, arrêté, est « mené, nous dit le cardinal, en la chambre oii fut aussi arrêté (vingt-quatre ans plus tôt) le maréchal de Biron ».
La conjuration de Chalais.
Gette première mesure prise, le cardinal se rend au château de Fleury, près de Fontainebleau. Il a tout le loisir d y