AVEUX AVANT LA LETTHK
méditer sur la suite d'une ojM'ratioii ainsi enfrapi-e. Or. I. 10 mai 1G26, comme il se prépare à entrer daiLS la deu\irm< phase (le l'aHaire, comme, aprirs avoir reçu le prince «le Coml»- — (ju il saura manceuvrer pour l'ojjposer à Monsieur, — il \.i recevoir Monsieur lui-même, on lui annonce soudain la visii* d'un personnage qu'il tient en haute estime, le commandeur de Valençay : c«*lui-ri est accompagné de son neveu, le comt< de Chalais.
Achille d'Estampes, seigneur de Valençay, était un commandeur de Malte, très mêlé aux affaires «lu Royaume. Agé «l trente-trois ans, il s'était distingué, dès sa |)rime jeunesse, sur les galères de l'Ordre, puis, en Hi'li , dans rarriiér du Moi. «jus les mui'S de MoMtaui>an. Il devait plus tar<l commander les troupes du pape Urhain VIII. I»attre le «lue <le Paruic et recevoir en récompense le chapeau de cardiiud. Il s'était fait remanfuer jusqu'aloi*s comme un fidèle tenant de Kiclielieu. Mais le service qu il allait rendre au cardinal, en cette journée <lii 10 mai 1626, valait tous ceux que devait récomj)cnser !■ Saint-Père : le commandeur, en amenant à Kiclielieu le comte de Ciialais, déjouait le conijdot le plus retloutahle qui piU menacer le pouvoir et la vie du premier ministre.
Un seigneur de fort agréable conqiagnie, ce cadet des Talleyrand, comte de Chalais, bien jeune encore, — il n'avait pas trente ans, — mais sirvif, si léger! Maître de la ganle-rohe du Roi, il briguait la charge plus glorieuse de maître général de la cavalerie légère ; il avait tout récemment tue en duel un Lude, le comte de Pontgibaud. En ce temps où le duel faisait fureur, impossible d'être plus à la mode.
Or, non seulement Chalais venait lui-même dénoncer à Richelieu le grand complot sur lequel le cardinal était déjà renseigné, mais il apportait de tragiques précisions : .Mousieur, Gaston de France, duc d'Anjou, et quelques seigneurs avaient formé le projet de dîner au château de Fleur) le lendemain, avant de partir pour la chasse. Pendant le repas, les veneurs se prendraient de querelle, — une querelle feinte, — au cours de laquelle, épées et poignards étant tirés des