LES PLANS DE L'INTRIGUE
vaut en personne privYîC. Sa vie ne lui sciait d'aurune coniiidération toutes les fois qui! s' agirait «le remployer pour le l>iï»n «le la Couronne, mais il lui fAehait fort «le se voir ru «lancer oontinu«>l d'être assassin/* à la Cour (1) ».
Feinte «le «'«jurtisan snprrieur se sentant niaitr*e de la situation. La lettre avait été envoyée à la Heine mère, jiour être remise au Roi. La réponse était venue telle que la prévoyait le cardinal : le Moi le jup'ait toujours niVes.saire et lui donnait une garde ordinaire pour la sûreté «le sa personne.
Bien que le cardinal « eût l'œil trop ouvert, — c'est lui-même qui nous le dit, — pour se laisser endormir », cette garde n'était pas inutile. Hi<lielieu avait all'aire à une faction «lanfrereus^'.
Si ^es étranf^'-ers et les protestants n'oubliaient pas (|ue Hiclielieu les avait joués, les g-rands s'al)an«lonnaient « à la légèreté onlinaire des Fran(;ais », — l'expression est du cardinal luimême, — au «lésir du changement, « au «l<'*j)laisir «le voir établir l'autorité royale », qu'ils ne pouvaient jdus hraver inq)unément. La cabale visait à pousser Monsieui* vers une place frontière, d'où il aurait imposé au Roi ses conditions et celles des gens qui le faisaient agir. On l'incitait à refuser comme femme l'héritière des Bourl)on-Montponsier, «jue lui proposait Richelieu ; on réservait M"*' «le Montpensier pour le comte «le Soissons, que la cabale s'attacherait solidement par une telle alliance. On mariait Monsieur à quelque princesse d'un royaume étranger, qui serait son appui et (|ui poui'rait être .son refuge : ou bien on faisait briller à ses yeux une alliance plus glorieu.se encore : Louis XllI, valétudinaire et sans enfants, ne tarderait pas à mourir et son jeune frère hériterait à la fois du Royaume et de la Reine.
Ces propos se divulguaient parmi la Cour, la Ville et les pays étrangers. Le cocher du duc de Vend«Jme déclarait bonnement du haut de son siège : « N'a-t-on j)as bien rasé Louis le Fainéant (2)? » L'oreille attentive du cardinal ne laissait rien
(1) Aubery, Histoire du Cardinal-Duc de Richelieu, t. J. p. 45.
(2) Mémoires, t. VI, p. 191.