LA FIUNCE ET L'ESPAGNE
Nous les lirons, les rapprocherons, les comparerons, avant d'entrer dans le détail même des affaires. Car, en histoire comme dans la vie, ce qui importe c'est l'esprit.
En somme, il s'agit d'ahord deFEspagme, de l'Espagne « catholique », alliée à la maison d'Autriche, de l'Espagne qui pèse sur toutes les frontières de la France, de cette <« maison d'Autriche >» que Henri IV se préparait à attaquer loisqu'un coup hien suspect le frappa.
Si l'on se reporte à la ])olémiquo ardente que Richelieu a menée dans l'opposition, avec Fancan, contre le gouvernement de Luynes et de Sillery, sa principale pensée, une fois aux affaires, sera de saisir la première occasion de rompre avec l'Espagne et de se mettre k la tète dos a<lvei'saires de cette puissance en Europe.
L'affaire de la Valteline suffirait, à elle seule, pour dévoiler les plans de l'amhitieux voisin. Le Lut de celui-ci n'est-il pas d'achever l'encerclement de la France et de lui enlever toute autorité dans l'Empire? L'Espagne veut i)rendi"e une situation dominante sur les Alpes, se sul)ordonner la Suisse, nourrice des soldats, comme elle s'est déjà suiiordonné Fltalie, maîtresse des clercs : « On ne peut douter, lisons-nous dans le mémoii*c destiné au Roi et au Conseil, que les Espagnols n'aspirent à la domination universelle et que, jusqu'à présent, les seuls obstacles qu'ils ont rencontrés sont la séparation de leurs États et la faute d'hommes? Or, par Faccjuisitiou de ces passages, ils remédient à l'un et à l'autre. »
La crainte d'une <» monarchie universelle », l'éternelle hantise de la France, détermine la position prise, dès l'abord, par le nouveau ministre contre une puissance si dangereuse à la liberté du monde. On n'a pas oublié que l'Espagne était maîtresse de Paris en 1590. Or maintenant la France délivrée, il y a l'Europe : n Que si le Roi se relâchait, il manquereit à ceux qui sont en son alliance. »
Le sort île l'Italie et de la Papauté, qui intéresse si grandement la sécurité politique et religieuse du Royaume, est, de toute évidence, également en grand péril du fait que l'Espagne regarde d'un œil de convoitise les passages des Alpes : « Par ces passages, nous empêcherions que l'Italie fut inondée du déluge d hommes