‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 5 sur 172 · ON PASSE A L'ACTION · texte numérisé non relu

ON PASSE A L'ACTION

que les Kspag-nols y Icroieiit doscendr»!, et en France nu^nie, «le leun» États de Flandre et d'Allemagne et qu'ils ne fcrniatMcnt le» portes de l'Italie à tout secours, contraignant le Pape d't^tre leur chapelain et faisant ])lier le col à tous les autres potentats de l'Italie sous le joug- do leur servitude. »

La politique « anti-espagnole »> du nouveau ministre est donc des plus nettes, des plus énergi(|ues : à peine con<;ue, elle devient action.

£n mai iii'lk, sur le rajiport l'ait par le cardinal au (j>uM>il, on décide qu'il y a lieu de prendre immédiatement les mesures de sécurité nécessaires, par la force au besoin. L'ambassadeur Sillery est l'appelé et la négociation romaine se trouve, non seulement suspendue, mais rompue. Kn mènu' temj»s. des troupes sont massées sur la frontière et le martpiis de Oeuvres, demeuré en Italie, reçoit l'ordre d'occuper, au premier signal, les défilés de la Valteline. Le gouvernement du cardinal se dirige ainsi selon les principes qui inspiraient, par opposition à la politique de Luynes et de Sillery, la plume de Fancan.

Un an s'est écoulé; le nouveau ministre, (pii s'était élancé un peu rapidement peut-être, a, en somme, réussi : l'armée du Roi a occupé les passages de la Valteline. A présent, uni au duc de Savoie, Lesdiguières assiège Gènes, dont on espère à bref délai la reddition. Le cardinal peut se donner 1 illusion d un succès qui lui ralliera à la fois le Roi et l'opinion. N'adressera-t-il pas à Louis XIII, quelque temps après (milieu de 1626), ces paroles, qui sont comme un chant de victoire un peu prématuré, à supposer qu'elles le trompent lui-même : « Si Dieu me fait la grâce de vivre six mois, comme je l'espère, et davantage, je mourrai content voyant l'orgueil de l'Espagne abattu, vos alliés maintenus, les huguenots domptés, toutes factions dissipées, la paix établie dans le Royaume... (1) »?

Mais voilà que soudain, en plein succès, une grave difficulté s'est jetée à la traverse : les protestants, à la suite de Soubise, menacent d'un dangereux soulèvement dans le sud-ouest.

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. II, p. 2'i5.

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