CHALAIS PAIERA POUR TOUS
loiiient ju^ô quelques années plus tard, et François Fouquet, père <lo l'infortuné surintendant. Coïncidences qui l'ont une illustration tragique au vei-s :
Delicta maj'onim, immerittig lues,
où le poète latin (1) se rencontre avec le roi David ,2 : « Qu:e non )'apu/', tune exsolvebajn. Ce que je n'ai pas ilérnlié. il faut que je le rende. »
. Chalais ne pouvait échapper au supplice : contaient envoyer à l'éciiafaud les grands coupables, la descendance de Henri IV, le duc d'Orléans elles deux Vendôme? Le cardinal, si l'on en croit ses Mémoires^ eût montré ([uelque indulgence : « Ayant pour maxime que les hommes, en tant que créatures, sont sujets à faillir et que leur malignité bien souvent n'est pas si opiniâtre qu'elle ne puisse être corrigée, il conseilla au Roi de n'étendre pas généralement la punition sur tous les coupables et d'essayer de les rectifier et ramener au droit chemin par bienfaits. >
Il ne restait plus, en dehois de Chalais, que le maréchal d'Ornano. Mais celui-ci mourut au Hois de Vincennes. le 2 septend>re, d'une crise d'urémie, mort à propos de laquelle Hichelieu a bien soin de noter : <« Le Koi fut marri que la justice de Dieu eût prévenu la sienne. »
Chalais, criminel j)uisqu'il avait connu les intelligences «le Monsieur avec la Savoie et l'Angleterre et les divei-s projets d'assassiner le cardinal, restait la victime désignée : on cria haro sur Chalais. Le 18 août, les juges « le déclarèrent atteint et convaincu du crime de lèse-majesté, pour réparation duquel ils le condamnèrent à avoir la tète tranchée en la place du Boutfay. à iNantes, sa tète mise au bout d'une pique sur la porte de Sauvetout, sou corps mis en quatre quartiers, chaq[ue quartier attaché à des potences aux quatre principales avenues de la ville et, auparavant l'exécution, mis à la torture, tous ses biens confisqués, sa postérité déchue de noblesse ».
(1) Horace, Ode VI du livre III.
(21 Vulgate, ps. cxviii, vers. v.
M MESUiu: DE sunerÉ.
Laclianil>re de justice savait ohHv au cardinal, Kn S4iiiiiiic, pour Richelieu, la luort de Chalais était iiioiiui un acti; de ven^'ain t qu'une mesure <lc «ùreté. Il fc souvient du niarA<'lial «rAncre assassiné, il y a dix ans à peine, dépouillé de son épéc, de sa ha^ni' do diamant, de son écharjjo, de son manteau do voloufs noir <•! déposé j)lein de sang et de houe dans le corps do garde du Louvre. D'ailleurs Chalais n'en était point à son premier complot « Ceux qui ont remis un forfait autrefois, songe le cardinal, l'ont remis k ceux de qui ils n'avaient aucune occasion do douter s<'ni blable coiLspiration; mais de pardonner à ceux qui rotionnont \n mémo volonté et môme moyeu pour faire mal, c'est plut<'>t témé rite que douceur. » On croit entendre Corneille célébrant les Triomphes de Louis le Juste :
Qui pardonne aisément invite à l'ofTonser, Et le trop (le bonté jette une amorce au crime.
Plusieurs des Maximes d'État de Richelieu portent renij)rciiit« de sa préoccupation constante : empêcher Louis XIll de faiblir. Écrites pendant le procès, elles sont <lévcloj)pées au coui-s des entretiens du cardinal et du Roi : « Si le roi François I*', «ht Richelieu à Louis Xlll, eût arrêté M. de Bourbon, quand il passa à Moulins, sur l'avis qu'il eut qu'il traitait avec l'empereur Charles-Quint, il n'eût pas été pris à la bataille de Pavie et la France n'eût pas soutfert la plus insigne peiie qu'elle ait jamais reçue. »
« C'est aujourd'hui, Sire, qu'on peut dire avec vérité que le ciel et la terre se trouvent en même temps remphs des plus hautes merveilles que l'esprit humain puisse imaginer... » En cette fête de l'Assomption, 15 août 1626, dans l'éghse Saint-Pierre, à Nantes, le cardinal est à l'auteL II va donner la communion au Roi et à la famiUe royale; il harangue Loui^ Xlll. Si le léger Gaston écoutait d'une oreille distraite le sermon de son ennemi, il dut retrouver toute son attention, lorsque tombèrent des lèvTes de Richelieu ces paroles menaçantes : « Au même temps que Dieu s'unit dans le ciel celle qui est, comme j'ai déjà dit, sa mère et