‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 44 sur 172 · RICHELIEU SANS REMORDS · texte numérisé non relu

RICHELIEU SANS REMORDS

Cette J>ouelicrie iio laissa au cardinal nul remords. Le 8 septembre 162G, trois semaines après l'exécution de Chalais, revenant de Rennes et faisant étape à Connerré, entre le Mans et ,Nogent-le-Rotrou, escorté de trente gentilshommes prêtés par le Roi et de vingt autres par l'évéque du Mans, il écrivait à Roiitliillier (1), secrétaire des commandements de la Reine mère : « Je vous avoue que c'est une fâcheuse chose d'être contraint de se faire garder, étant certain que, dès l'heure qu'on est réduit à ce point, on ]>eut dire adieu à sa liberté. Cependant, s'il fallait encore refaii'e les choses (pie j'ai faites, je les referais de très bon cœur et plus ils chercheront ma vie, plus chercherai-je à servir le Roi. » Les rétle.vions de M. le Cardinal ne sont pas gaies : l'idée de l'assassinat le hante. C'est qu'en traversant le j)ays du Maine, il a respiré un air bien malsain : le promoteur de M. du Mans assurait avoir entendu «< de ses jn'opres oreilles » les amis de .Monsieur se vanter que, quand ce l)rince le voudrait, il viendrait enlever le ministre à la tète de deux cents chevaux. Tn écuyer de M. le Comte (de Soissons), logé à l'abbaye de la Couture, afhrmait que c'était le canlinal seul que visaient toutes les haines.

Certain mémoire que Richelieu rédigea veis la tin de ce mois (h» septend)re 1620, au moment où Louis XIII lui donna une garde de cintpiante mousq^ietaires, fait une sorte de rencontre avec le monologue mis par Corneille, en 1639, dans la bouche de l'empereur Auguste :

Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile ;

Une tête coupée en fait renaître mille,

Et le sanj; répandu de mille conjurés

Uend mes jours plus maudits et non plus assurés.

u Si les principaux auteuis de cette conspiration étaient perdus, écrivait le cardinal, il sendjle que ce dessein pourrait n'avoir pas lieu, mais il est impossible de les extirper tous, y en ayant de qualité, au châtiment desquels on ne peut pas penser. Les parents de ceux que l'on châtie demeurent sur pied pour les

(1) Claude Uouthillier, seigneur de Ponl-sur-Seine el de Kossigny.

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