‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 3)Chapitre 51 sur 172 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

LE SIÈGE liE LA ROCHELLE

CIIAIMTRK PHKMIKH

LA DKit K

Buckingham à l'tle de Ré.

'< Pour conclusion, arrive tout ce qui pourra, je ne ferai plus «le folie, je nie tiendrai bien avec le Koi. avec la Reine, (jue j "estime un pilier inéhranlahie. et avec les ministres. Fasse le fol «pii voudra, je n'en serai point. >- Celui qui prend ces belles résolutions, c'est Henri de Bourbon, prince de Condé, le père du futur vain- (pienr de Rocroi. ICpoux de la radieuse Ciiarlotte de Montmorency, dernier amour de Henri IV 1). Aujourd'hui 0 octobre 1627. ce Condé triste et gauche, avare, ambitieux et servile. se trouve au manoir de Richelieu, près de Chinon. Le cardinal était aUé y prendre un j)eu de repos, tandis que le Roi s'arrêtait au ciiAteau de Blois ; car le Roi et son ministre se rendent tous deux à La RocheUe, décidés à en linir avec la rébellion protestante. Dans la maison que le cardinal chang-era bientôt en palais, Condé étale son loyalisme récent : la veille encore, il était de la « cabale » ; or, le Roi et le cardinal viennent de lui donner le commandement de l'armée qui va opérer en Languedoc contre le duc de Rohan.

(1) Voir Vicomte de Noailles. La Mère dr* Grand Condé.

H2 i;iLE DE RÉ AL'X ABOIS.

Coud»' ii'<''j)arK»t^ l«if* IcscoiiHcils à Hicliclicn : >• Ko Koi, c\|>Ii({ij<>t-il, doit ruiner les iiii^'-neiiots, iw j»liis jmnloniu'r aii\ fartieiix )>ion traiter Monsieur et moi. » il n'IiZ-sito pas à reparler du temps (lu nianVhal d'AiMi'o. de la hatiiille des l*oiits-<I«'-C<''. vi nirme d< faits moins éloignes dont il n a j)oint sujet d"«^tre lier ; il aceumult les révélations et les on-dit, ne néglige rien pour rentrer en fcràvc Richelieu lixe à la liAte sur le papier- les eonfidences. Ses notedélnitent ainsi : « Arrivée, eivilités, |)rotestations de jmssion rt d aU'ettion j)our le Hoi et la Ucinc sa OM're, atrection f:;i-mu\c pour- Amadeau. » Amadeau, c'est le ]>seudonyme ijue se domie le rardinal(l).

Si\r de Monsieur le Prince, il s'achemine vei-s Parthenay, où il rejoint son maître. Par Niort et SurL'ères, le \\<}\ approche de La UocheUe.

Au fort Saint-Martin, dans l'Ile de Ré, il ne restait j)resque plu-> <\v vivres. On avait mantré les chevaux. Toiras. rpii s'était mis ;i I Oi'diu.'iirc de ses troupes, gi.sait au lit en proie à la lièvre. La iiarnison fondait; les soldats passaient à l'ennemi. f.,c fort, sorti de terre il y avait treize mois à peine, et pour la construction du(juel Toiras, quoi qu'en dit le cardinal, qui ne Taimait puère, avait dépensé consciencieusement les deniei"s du Roi, commençait à s'eflfriter. Plus de sentinelles aux portes; il fallait changer h mot en grande hâte, pour n'être pas surpris. « Le déplaisir d'un tel désordre, raconte Michel Baudier, hiographe de Toiras, fut son médecin et le g-uérit. » Lui-même sut jaruérir du découraprement ses compagnons d'armes et leur insuffler l'ardeur qui l'animait. C'est alors qu'il reçut du duc de Buckingrham une lettre des plus courtoises, lui conseillant de se rendre. Toiras répondit paile plus courtois des refus : il avait résolu de conserver la citadelle à son maître, (c Ni le désespoir de secours, ni la crainte d'être maltraité en une extrémité, concluait-il, ne me peuvent faire quitter un si généreux dessein, comme aussi je me sentirais indigne •d'aucune de vos faveurs, si j'avais omis un seul point de mon

(1) Voir duc d'Aumale, Histoire des Princes de Condé, t. III, p. 192, et Arenc], Lettres du Cardinal de Richelieu, t. II, p. 646-633.

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