LA GLOIRE DE LA. PRISE DE LA ROCHELLE
<lc la prise de La Rochelle. Richelieu, lorsqu'il avait « fait lu paix avec les huguenots », le 5 février 1626, s'était « dûs eu mauvaise ré])utation » à la cour roriiaiiie. Mais, « ce faisant », il savait « qu il avait moyen d'attendre plus coniuiodéinent le temps de réduire ces hérétiques aux termes où tous sujets doivent être en un État, c'est-à-dire de ne pouvoir faire aucun corps séparé et dépendre des volontés de leur souverain (1) ». Et il avait prédit au cardinal Spada, alors nonce à Paris : « On me condamne njaintenant à Rome comme un hérétique et bientôt on m'y canonisera comme un saint (2). »
Cependant il parlait, écrivait, répondjiit aux félicitations iniiomhral)l(!S.
Il disait au Roi : « Par la prise de La Rochelle, Votre Majesté a mis lin à la plus glorieuse enti"epri.se pour vous et plus utile pour votre État <jue vous ferez de votre vie
Il disait à MM. de la Ville de Paris : <« Outre iint«'ivt gm^ral que toute la chrétienté et la France ont à la prise de La Rochelle, j'estime cpie Paris y en a un particulier. Tous les étrangers remarquaient en ce Royaume deux choses dignes d'étoniiement : Pui'is pour la grandeur et La Rochelle pour sa force et sa rébellion. Maintenant que cette malheui^euse ville est prise et en état d'éti'e bientiM ras^e, Paris seul demeure en France digne de l'admiration d'un chacun comme la huitième merveille du monde. »
Il dictait à MM. de la Cour des .\ides : a Si la joie qm- \<»u> avez de la prise de La Rochelle est grande, le fruit que toute la France en recevra ne sera pas moindre. Le Roi s'est attaché à ce dessein d'autant plus volontiers que, s'il n'en fût venu à l)out, il n'ei\t jamais pu vous procurer un parfait repos, comme il le désire. Sa Majesté a beaucoup lait, mais elle ne veut pas demeurer là, elle est résolue d'arracher le reste des racines qui pourraient à l'avenir produire de nouvelles rébellions en son État. J'y contribuerai, si peu que j'y pourrai, et rechercherai les occasions de vous servir. »
(1) Mémoires du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 229.
(2) Mémoires de FonteiiaijMareuil, \>. 174.
<t)() LES ENVIKUX DE U GLOIHE
Ce qu'il ne diKait pas, c'ost ({u'avant (l'(;iitaiiiei' Ha vaHt<* lutt< contro la maison «i'Aiifriclic. il lui restait k vaiiicro un enncnn implacahlc à la Cour UM'^ni*', i'j'i «'nncnii, Tultiinr esjMMr de << parti dc^vot qui l'avait' ai«16 à prendiv La Horludli*. ('(''tait wi dame et Heine, Mari<^ do Médicis, qui, apr^s l'avoir porté au l)Ouvoir, ne pouvait réprimer sa fureur de le voir triompher Les catholiques avaient <'tr assez fous potir prendre La Hochello ».