LES DÉPUTÉS DE GÈNES RESTERONT COUVERTS
•de le soutenir au Conseil: il lui procuren.. l'appui des maréchaux de camp et de M. de Bullion. il obtiendra rpie Châteauneuf défende mollement sa thèse.
Le Conseil délibère. M. d'Herbault, secrétaire d'État, vient de dire que l'ambassadeur de Gènes lui a montré des papiers qui prouvent que les envoyés de Gènes se sont autrefois couverts; il ajoute que l'ambassadeur de Gênes ne demande audience qu'à cette condition. Devant la résistance du Roi, qui s' « opiniAtre fort », le cardinal dit froidement : « S'il vous plait, Sire, d'en prendre les avis de ces Messieurs, après quoi vous jugerez vo}^mème ce (|u'il vous plaira. » .Uors Louis XIII se tourne vers Bussompierre. lui demande son opinion, et, comme le maréchal \ eut [)arler : « Je vous la demande, ajoute-t-il avec aigreur, mais je ne la suivrai pas, car je sais déjà qu'elle va à les faire couvrir et que ce (jue vous en faites est à la recommandation d'Augustin Fiesque. » Le cardinal entend Bassompierre répondre, la voix altérée, (juil n'est pas assez léger pour desservir Sa Majesté en faveur du Génois. Et le maréchal conclut : « Puisque vous jugez si mal de ma jirud'hommie, je m'abstiendrai, s'il vous plaît, de vous donner mon avis. — Et moi, réplique Louis XIII extraordinairement en colère, je vous forcerai de me le donner, puisque vous êtes de mon Conseil et que vous en tirez les gages. » Richelieu, assis un i)eu au-dessus du maréchal, se penche et lui glisse à l'oreille : <■ — Donnez-le au uom de Dieu et ne contestez plus. — Sire, explique Bassouq^ierre avec son ironie lorraine, i)uisque Votre Majesté veut absolument que je lui dise mon opinion, elle est ([ue vos droits et ceux de votre couromie se dépériraient, si par cet acte, vous accordiez la souveraineté aux Génois, que vous prétendez avoir sur eux et que vous les devez entendre tête nue comme vos sujets, et non couverts comme républicains. » Le Roi, transporté de fureur, se lève, il dit que le maréchal se moque de lui « et (|u'il lui fera bien connaître qu'il est son roi et son maître ». Tandis que Bassompierre laisse couler le flot (les paroles royales, Richelieu, qui observe Louis XIIU intervient, l'apaise en quelques mots froids et précis. Tous les avis sont deniaïuiés; ils soîit tous contraiT'(>< ;'< itAin du Roi.
220 TUIIIAS (iOUVKRNKLR DE CASAL.
Ce fut encore le cardinal (}iii raiiicnu Louïh XIII le leiKlcuiain. après (jue la (Imputation de (iAncH se fut présenl/'c couvei*te. l/<* Hoi reconnut «< qu'il avait tort de s'en |ii'«'ndre à Hassoinpiern' poui' uuv chose dont le inar«''cl»al ne parlait que pour son service ». HicntAt Louis XIII lui donna neuf caiss<;s d'excellentes ronfi' lures qu'il venait de recevoir de la princesM- de Piémont «t lit ainsi sa paix avec lui(l).
I^ soir de ce -IH avril ti'rlU, le Moi a\.iit iinuKin.- a i»a>>>i)iiijnerre « qu'il ipiittait larjnée du Piéniont pour aller à celle de Valence ». Le cardinal prenait le coniniandenient de l'année et il gardait Bassonipierre et Créqui pour lieutenants généraux. Sur l'ordre du c,'ir<liiial, Toiras, (jui ser'vait *»ous les ordres de Bassrinipierre en qualité de maréchal de camp, entrait dani» h? Montferrat à la tète de trois mille hommes et de quatre cents chevauv et prenait le gouvernement de la ville de Casai.
(1) Mémoires du Maréchal de Bastompierre, I. IV, |i. 30-34.
CIIAIMTKK DEL'XIÈMK