FIN DES CONFÉRENCES
l'on fait une enquête sur les raisons de votre séjour. Mais vous en avez une plausible qui doit paraiire satisfaisante... On vient de m'écrire qu'il est question de m'établir en la place d'un grand colosse froid comme marbre (peut-être Sillery, peut-être Villeroy). Il faut surveiller cela de très près. » Richelieu fait aussi allusion à des amis qui travaillent pour lui : « Fabbc » (probablement l'abbé de la Cochère) et un personnage très influent « qui peut me donner grande consolation en mon attente... S'il m'écrit aussi chaudement qu'il le lit de Bordeaux, je tiendrai véritablement l'affaire assurée, sachant qu'ils la peuvent, s'ils veulent... » Il s'agit peut-être de Concini, ou peut-être aussi de Brienne, jeune ministre qui avait été son correspondant à Bordeaux. Il est aussi question d'un autre personnage qu'onî appelle, assez irrévérencieusement, <c la Lunette » ou encore « cette barbe », et qui « poursuit le patriarcat du lieu où vous êtes ». 11 me parait difficile de ne pas reconnaître, à ces indications, Bertrand d'Eschaux qui, dès cette époque, postulait le siège archiépiscopal de Tours. Richelieu n'a pas l'air de faire fonds sur Tamitié de ce grand donneur d'eau bénite de cour (1).
Les vieux ministres étaient condamnés dans l'esprit de la reine mère, et il n'est pas étonnant que Richelieu, renseigné par ses amis, se donnât tant de mal pour attirer l'attention sur lui. Mais l'heure n'était pas encore venue. Villeroy était utile pour mettre le sceau à la négociation de Loudun. Les princes, disposés à en finir, discutaient sur deux ou trois points pour vendre plus chèrement leur adhésion finale : c'était la fameuse question de « l'article du tiers », qui traînait toujours, depuis la session des États généraux , et à laquelle Condé avait attaché une importance théorique ,
(I) Voir Correspondance (t. I, p. 164). Il faut se méfier de l'annotation de M. Avenel qui, au moment où il commençait sa publication, était peu au courant des circonstances historiques ambiantes et se trompait souvent. — Cfr. Mémoires de Brienne «... Celui-ci oublia pour lors ce qu'il m'avoit souvent protesté qu'il vouioit être de mes amis et l'expérience qu'il avoil fait de ma bonne foi, en m'adressant les lettres qu'il adressoit à la Reine pendant le voyage de Guienne... » Edit. de 1721 (t. I, p. 64.). — Sur Bertrand d'Eschau^r, voir Mém. du P. Rapin, loc. cit. — Quant à la petite affaire de la protection de ses domaines et de ceux de sa mère, elle ne fournit guère qu'un « prétexte plausible » à la présence de Charpentier à Tours. Richelieu la régla directement avec les chefs des rebelles. Bouillon, Nevers, Condé, auxquels il écrit à ce sujet. Voir Correspondance (t. I et t. VII).