‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 125 sur 367 · LA DOCTRINE ET LA POLITIQUE · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE ET LA POLITIQUE

Les choses en étaient là, quand Richelieu était parvenu au pouvoir.

Richeheu était un homme politique, un homme d'action, un homme d'État; mais il était aussi un prêtre, un évêque, un cardinal. En conséquence, la question de doctrine ne fut jamais séparée, dans sa pensée, du point de vue politique et social. Nous avons exposé déjà de quelle manière et de quel biais il sut ménager, dans des circonstances décisives, l'.union entre les deux chrétientés et comment il avait maintenu, par une volonté éclairée au sein du Royaume, une raison d'État dominant les causes de dissentiment dans les affaires religieuses; nous avons montré Richelieu, dès le début de son existence active, remplissant avec zèle ses fonctions d'évêque de Luçon (1). Il publie ses Ordonnances synodales et un livre de controverse qui eut un grand retentissement : Les Principaux points de la foi catholique défendus contre les quatre ministres de Charenton. Plus tard, au temps de sa disgrâce, alors qu'il vivait « au milieu de ses études et de ses livres », — comme il le répète, non sans quelque ostentation, dans nombre de ses lettres, — des travaux assidus témoignent d'une application constante aux débats théologiques qui, dès sa jeunesse, lui avaient assuré une place marquante dans le corps de la Sorbonne.

Un nouvel ouvrage fut le fruit de cette application : U Instruction du Chrétien^ daté d'Avignon 1618, et qui parut chez Nicolas de La Vigne en 1626. Disons tout de suite que cette voie ouverte devant lui, Richelieu ne l'abandonna jamais, alors même que, parvenu au pouvoir, il se trouva si pleinement occupé, écrasé par le poids des affaires. Desmarets de Saint-Sorlin, admis auprès de lui dans une sorte de familiarité littéraire, rapporte, dans ses Délices de VEsprit, — où le cardinal est dépeint sous le nom d'Eusèbe : — « Je rappellerai quelques-uns de ses goûts délicats qui feront juger des autres et qui feront connaître l'infatigable force du génie de ce grand homme qui ne pouvait se délasser d'un travail d'esprit que par un autre... Aussitôt qu'il avait employé quelques heures à résoudre toutes les affaires de l'État, il se renfermait souvent avec un savant

(1) Histoire du cardinal de Richelieu, tome I, pages lOi et suivantes.

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