‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 126 sur 367 · DEUX OUVRAGES THÉOLOGIQUES DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

DEUX OUVRAGES THÉOLOGIQUES DE RICHELIEU

théologien pour traiter avec lui les plus hautes questions de la religion, et son esprit prenait de nouvelles forces dans ces changements d'entretien (1). »

N'aurait-on pas ce témoignage, que les faits sont là. Richelieu mort, on trouva, dans ses papiers, non seulement un amas de notes écrites au cours de sa vie entière, mais deux ouvrages consacrés aux débats théologiques et religieux, ouvrages qui, selon sa volonté, furent publiés par les soins de sa nièce M"^^ d'Aiguillon et sous l'œil de son confesseur, Jacques Lescot, évêque de Chartres : le Traité qui contient la méthode la plus facile et la plus assurée pour convertir ceux qui se sont séparés de V Eglise (2), et le Traité de la Perfection du chrétien (3).

Il est de toute évidence que ces écrits, fruits d'un labeur assidu, et prolongé, n'étaient pas dégagés de toute préoccupation politique et gouvernementale. Mais il faut qu'il soit entendu que le problème rehgieux domine le siècle et que le Roi Très Chrétien, fils aîné de l'Église, ne pouvait, pas plus que son ministre, détacher le sort de son empire de celui de l'Église et de la grandeur romaine.

Dans l'ouvrage consacré à la Méthode pour convertir ceux qui se sont séparés de V Église (remarquer l'expression par laquelle sont désignés les réformés), Richelieu poursuit, d'une volonté passionnée, cette grande œuvre qui avait été parmi celles dont il confia l'achèvement à son successeur, n'ayant pu les réaliser luimême, à savoir la reconstitution d'une chrétienté pacifiée par la réunion des deux cultes qui subsistaient en Europe et dans le corps du Royaume (4).

(1) Cité par Bayle; article Desmarets, tome III, page 550.

(2) Chez Sébastien Cramoisy, 1651, in-i", 1657.

(3) Chez Antoine Vitré, in-4°, 1646. De magnifiques éditions in-folio ont été publiées par ordre du cardinal Mazarin.

(4) La préface, imprimée après la mort de Richelieu, nous met en présence de ce labeur théologique dont le cardinal ne se détacha jamais : « Les emplois qu'il eut dans le gouvernement de l'État semblaient devoir arrêter le cours de ses études, et particulièrement de celles qui regardent la controverse dans la religion, si éloignée en apparence des pensées et des méditations d'un politique... Ceux qui ont eu l'honneur de l'approcher savent qu'il a laissé plusieurs autres ouvrages; mais ils savent aussi qu'il n'y en a point sur lequel il ait travaillé avec tant d'ardeur que sur celui-ci. Il le regardait comme le fruit de toutes ses veilles et de toutes ses études. Quelques longs voyages qu'il entreprît, il ne le perdait jamais de vue. C'était de tous ses biens celui

Page 1