ANTIQUITÉ ET UNITÉ DE LA VÉRITABLE ÉGLISE
Ces raisonnements s'enchaînent et ils conduisent, finalement, à évoquer la parole de l'Apôtre : « qu'il ne peut y avoir de foi sans la prédication »; la prédication étant, en effet, le seul véhicule de la foi et ne pouvant émaner elle-même que d'une autorité reconnue et de ministres qualifiés; le tout supposant donc une Église hiérarchisée et réalisant la parole sacrée d'être « la colonne et le firmament de la vérité >>.
Ici, intervient l'argument maître sur lequel va reposer la démonstration destinée à entraîner la conviction des « séparés » : à savoir, Vantiquité unique de la vraie Eglise : « La vraie Église ayant seize cents ans d'antiquité et ayant, dès son commencement, porté le nom d'Église de Jésus-Christ, il est indubitable que toute société chrétienne qui n'est pas de cette antiquité doit se défier de la bonté de son origine et travailler sérieusement à s'éclairer sur ce sujet. » Si la Réforme se donne comme ayant vécu cachée et ignorée, elle n'était pas visible^ et, en se séparant après tant de siècles, elle a, bien imprudemment, détruit l'unité; d'autre part si sa doctrine n'est pas unifiée et enseignée par des autorités qualifiées, comment peut-elle se réclamer de la consécration indispensable à l'Église du Christ, — la foi dans la charité créant la communion des fidèles?
Les ministres réformés s'efîorcent d'échapper à l'argumentation tirée de l'antiquité et de l'unité en se réclamant de la qualité de la doctrine. Puisque la doctrine s'était altérée dans les idées et dans la pratique, il était nécessaire, disent-ils, qu'elle fût corrigée, restaurée, rétablie. Mais le cardinal, avec une grande force : « Qui donc a qualité pour dicter la vraie doctrine? » Confier cette tâche, qui intéresse le sort de l'humanité entière, à chaque conscience individuelle? Mais c'est, précisément, déchaîner la discorde, l'intempérance, l'orgueil. Plus de prédication, plus d'enseignement, plus de suite, plus d'égards pour les grandeurs intellectuelles et morales reconnues, la sagesse, la tradition : « La vraie Église visible ne peut être divisée ni en la profession de foi, ni en la communion de ses sacrements, puisqu'elle doit être essentiellement unie et en la profession de foi, et en la communion des sacrements. «(Page 17.)
Ces principes, nécessaires à une Église constituée, ont-ils été