‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 129 sur 367 · DIVISIONS DES RÉFORMÉS · texte numérisé non relu

DIVISIONS DES RÉFORMÉS

respectés par la Réforme? Voyons les faits : « Luther estime que les paroles de la Cène signifient qu'il faut prendre le corps et le sang de Jésus-Christ par la bouche du corps, et il croit si absolument que cette vérité ainsi entendue est nécessaire au salut, qu'il déclare coupables de la damnation ceux qui ne la croiront pas. Les calvinistes disent et croient exactement le contraire. Et, par conséquent, les calvinistes et les luthériens, qui ne font qu'une même Église, comme le prétendent les calvinistes, sont manifestement divisés en ce point nécessaire au salut, selon le jugement des luthériens qui font partie de cette Église, » (Page 183.)

Et, partout, quels abus, quelle confusion, suites de la réforme! Les Églises particulières de France, d'Angleterre, d'Ecosse, de Hollande, d'Allemagne, de Danemark et de Suède font une Éghse universelle dans le sentiment des calvinistes : or, les synodes nationaux en Suède, en Danemark, rejettent cette union. Les Éghses belgiques.sont si étrangement divisées entre elles que les gomaristes montrent ouvertement que les arminiens sont séparés de la communion belgique; et les arminiens reprochent le même aux gomaristes. L'Église anglaise n'est pas mieux unie; les protestants accusent les puritains; les puritains accusent les protestants d'idolâtrie, etc.. (Page 187.)

Donc, sur ces points d'une si grande importance, une conclusion s'impose : « Nos adversaires étant si manifestement divisés en matière de foi qu'ils ne sauroient le nier, soit que leurs divisions soient fondamentales, soit qu'elles ne le soient pas, et les catholiques étant si parfaitement unis sur tous les points de leur créance que tout le monde en demeure d'accord, celui qui saura comment l'Écriture, les Conciles et les Pères parlent de l'unité de l'Église, l'appelant un corps, une épouse, un troupeau, comment pourra-t-il ne préférer pas la communion des catholiques à la communion des adversaires? » (Page 189.)

L'exposé se poursuit par l'examen des points fondamentaux qui séparent les deux doctrines, et ensuite par une sommaire révision des points non fondamentaux : « On peut bien dire avec raison, explique Richelieu, qu'il y a des points de foi plus importants les uns que les autres en tant qu'il y en a quelques-uns dont

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