‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 130 sur 367 · UNE POLITIQUE D'UNION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

UNE POLITIQUE D'UNION RELIGIEUSE

les autres dépendent absolument. Tels sont les mystères de la Trinité et de l'Incarnation, desquels tous les autres qui concernent notre salut sont des suites et des dépendances. Mais on ne peut dire qu'il y en ait de nécessaires et de non nécessaires, puisqu'on est aussi bien obligé à croire les uns que les autres, lorsqu'ils sont proposés par l'Église. « (Page 322.) Le volume finit avec le chapitre XVI, qui traite de la défense de lire la Bible en langue vulgaire sans permission : « Nous n'arrachons pas des mains de l'Épouse (du Christ) le contrat de son mariage, observe Richelieu; mais plutôt nous voulons que les âmes simples en reçoivent l'explication de la bouche de l'Épouse, qui est la fidèle gardienne et l'interprète infaillible des divins oracles et des divins mystères. » (Page 677.) Ici, le livre s'arrête, inachevé. Une note finale des éditeurs explique : « L'auteur avait le dessein de traiter encore neuf points de controverse en autant de chapitres, si la mort ne l'eût prévenu pour le malheur de l'Église et de la patrie... »

On le sait, d'ailleurs, le but que se proposait le cardinal, à savoir la réunion pacifique des deux parties de la chrétienté française n'a pas été atteint; du moins, sa pensée profonde a-t-elleété inscrite à diverses reprises dans cet ouvrage comme dans ses actes. Dès le début, l'auteur, s'excusant d'avoir abordé un sujet si difiîcile, si délicat, se tourne vers le public des ministres et des réformés auquel il s'adresse : « Rien de ce qui dépend de nous, écrit-il, ne peut plus contribuer à la conversion des hommes à la foi qu'une droiture en nos mœurs. L'amour que Dieu a pour les âmes est si grand qu'il donnera sans doute cette sainte lumière à ceux qui répondront à ses inspirations avec fidélité. Je conjure, en cette considération, et ceux qui marchent dans les voies de Notre Seigneur Jésus-Christ et ceux qui en étant sortis ont besoin d'être redressés, de se rendre de plus en plus soigneux de ne transgresser pas la loi qui leur est commune. Ce soin chrétien et religieux, inspiré du Ciel, servira aux uns pour être confirmés dans le bon chemin où ils sont, et aux autres pour leur en ouvrir l'entrée. « (Page 5.)

La loi qui leur est commune..., leur en ouvrir Ventrée... Ces paroles, si sages, si mesurées, mettent le prélat, qui les a inscrites en son

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