‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 136 sur 367 · CONTEMPORAIN DE FRANÇOIS DE SALES ET DE CORNEILLE 1G · texte numérisé non relu

CONTEMPORAIN DE FRANÇOIS DE SALES ET DE CORNEILLE 1G

verses dangereuses, interdites d'ailleurs par la bulle De Auxlliis. Une bonne conduite, la surveillance des passions, une saine raison, guidées et soutenues par une foi sincère, permettront d'y atteindre. N'exagérons ni la tolérance, ni la sévérité. Janséniste aux Jésuites, jésuite aux jansénistes, l'ouvrage est d'un homme sage, d'un prêtre conscient de son devoir, d'un homme public maître de soi-même et des autres, certes influencé par la politique dans le désir de bloquer un grand péril à sa naissance et de parer, dès l'origine, aux plaies sociales et morales qui résulteraient de telles discordes, si on les laissait se développer.

Les plaies se rouvrirent, comme l'on sait, une fois le cardinal disparu, et atteignirent un excès du mal qui diminua la grandeur de ce grand xvii^ siècle.

Feuilletons donc le livre : il s'attarde encore au langage technique de la scolastique; mais l'on y voit aussi s'affirmer la clarté nouvelle de l'esprit français et le progrès de la langue vers la netteté et la simplicité.

Dès l'avant-propos, une vue générale, une lumière projetée sur l'ensemble du débat, non sans quelque reflet de fraîcheur à la saint François de Sales : « Comme les enfants apprennent à marcher avant de pouvoir courir et sont nourris de lait en attendant que leur estomac soit capable de digérer les viandes solides, de même il faut, en s'accommodant à l'infirmité de l'homme, le faire entrer dans les voies de la perfection par la considération de son propre intérêt afin de l'y faire, après, marcher à grands pas sans autre motif que celui de la gloire de Dieu, laquelle seule peut le faire parvenir au bout de la carrière. »

Le prélat gentilhomme, qui a charge d'âmes et d'empire, donne la note de son enseignement dès l'intitulé de son premier chapitre : Que les chrétiens doivent avoir soin de leur salut rien que par la considération de la dignité de leurs âmes. La dignité... Tout de suite, le ton s'élève : le drame qui s'engage est un drame de Corneille, dont l'objet est l'honneur.

Ces prémisses posées, la discussion. En indiquant seulement les solutions apportées aux questions les plus difficiles et qui divisent le plus les esprits, on s'acheminera de point en point, de sommet

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