DUVERGIER DE HAURANNE ET LA ROCHEPOSAY
nisme, et c'est en cela surtout que les mêmes polémistes recourent à saint Augustin.
Duvergier semble avoir gardé quelque mauvaise impression de ses premières relations avecle Père Petau et avecles Jésuites; d'autre part, Jansénius al ait se heurter à leur opposition dans le monde des théologiens de Louvain. Ils se communiquèrent leur pensée secrète, se firent part de leurs froissements et de leurs ambitions. Duvergier de Hauranne avait acquis, dès lors, une sorte d'autorité par la hardiesse et le tranchant de ses opinions.
A Paris, une question assez vaine se débattait dans les cercles de gens inoccupés et bavards, à savoir si un sujet devait aller jusqu'à se tuer soi-même pour sauver la vie de son prince. Duvergier se saisit du problème, et, avec un aplomb de débutant, il publia une brochure : Question royale où il est démontré en quelle extrémité, principalement en temps de paix, le sujet pourroit être obligé de conserver la vie du Prince aux dépens de la sienne. La réponse affirmative allait jusqu'au paradoxe; le développement n'était qu'un chapelet de lieux communs. Mais on en parla; l'homme était lancé.
C'est vers ce temps-là, en 1607 probablement, que son évêque, Bertrand d'Eschaux, le mit en relations avec ses deux amis, Chasteigner de La Rocheposay, évêque de Poitiers, et Armand du Plessis de Richelieu, évêque de Luçon. Un autre familier du futur cardinal sert aussi d'intermédiaire, Bouthillier, abbé de La Cochère, doyen de Luçon; et l'on voit se rapprocher l'un après l'autre, autour du groupe, le Père Joseph, l'Aubespine, évêque d'Orléans, le Père de Condren, Bérulle, etc. Ces hommes se retrouveront en des situations bien diverses, au cours de leur existence.
Au premier rang se place, par sa naissance, par son autorité, par sa vigueur, l'évêque de Poitiers, Chasteigner de La Rocheposay. Il s'attacha Duvergier de Hauranne. Une occasion nouvelle se présente à celui-ci de faire apprécier l'originalité de sa pensée et de son caractère. Au fort de la lutte que les princes, groupés autour du prince de Condé, engageaient contre la faveur de Concini en 1614, l'évêque de Poitiers, s'étant prononcé en faveur de la Régente, Marie de Médicis, ferma les portes de la ville à l'armée des princes et prit, en personne, les armes pour diriger la défense en cas de