‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 145 sur 367 · G IDÉES NOUVELLES · texte numérisé non relu

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termes), entretenait, parmi son élite, le goût de la lecture, l'amour de la parole, une pratique mentale généralement polie et grave, — gens à grande barbe se détachant de la foule, professant avec assurance, des « Druides », selon le mot de Joachim du Bellay.

L'histoire signale à peine certaines évolutions qui s'accomplissaient par ces rencontres de jeunes, vers la fin du règne de Henri IV, dans cette région de l'ouest où, de Rabelais à Montaigne, tant d'idées circulaient; et elle ignore tout à fait ces contacts familiers, intimes et durables qui déterminaient des opinions communes, des vocations, des sentiments mutuels ou des dissentiments implacables. Les temps nouveaux exigeaient des idées nouvelles et des initiatives hardies, même dans ces groupements provinciaux. Nous avons raconté l'histoire de La Puce de Madame des Roches. Il n'y eut pas, alors, en France, qu'un seul hôtel de Rambouillet (1).

Poitiers vit, en ce temps, tourner autour de sa vieille église romane, d'abord les Scaliger, les Turnèbe, les Pithou, les Barnabe Brisson, les Viète; il vit les Pidoux alliés de Richelieu et ancêtres de La Fontaine; il nourrissait des familles de médecins, les Jean Ferrand et les Pierre Descartes qui eurent pour petit-fils et fils René Descartes. Au moment où Duvergier de Hauranne était le vicaire de l'évêque, la jeune génération apparaissait. Descartes précisément faisait son droit à Poitiers.

Chose frappante, on trouve, chez tous ces jeunes esprits, une tendance commune : ils avaient le même dédain de la chose apprise et ressassée, — en science comme en théologie, — de la scolastique. Un mouvement identique les reportait vers l'inspiration intérieure, la raison raisonnante, la confiance dans le sens propre, les langues et l'esprit modernes.

Duvergier, ayant appelé auprès de lui, à Poitiers, son ami Jansénius, auquel il avait déjà fait confier, pendant plusieurs années, la direction d'un collège à Rayonne, s'était attaché celui-ci, par ce même penchant de l'esprit.

En 1G20 (l'on va voir l'importance de cette date sur la formation du siècle, du Grand Siècle), il recevait des lettres, où son confident

(1) Voir l'intéressant ouvrage, publié sous la direction de M. le Doyen Boissonnade, Histoire de l'Université de Poitiers, Poitiers, 1932, in-8°.

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