‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 163 sur 367 · RESTAURATION DE LA FRANCE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

RESTAURATION DE LA FRANCE CHRÉTIENNE

Près de Marie de Médicis, il avait mesuré la force active du catholicisme, qui s'était maintenu dans toute l'Europe méridionale qui avait accompli la tâche difficile de la Contre- Réforme, qui avait soutenu la grandeur de l'Espagne et qui l'avait porté lui-même au cardinalat.

La restauration d'une France chrétienne était son premier devoir, mais sous la condition qu'elle restât la France du Roi Très Chrétien, du fils aîné de l'Église, de ces Rois, les plus hauts défenseurs de l'Église romaine depuis Charlemagne, les Rois des croisades, les Rois de la France forte et indépendante.

Pour le soutenir dans cette pensée, il disposait, comme ministre, de la puissance héréditaire d'un des plus chrétiens parmi les rois chrétiens. A ce point de vue, le fils de Henri IV et de Marie de Médicis ne devait lui manquer jamais.

Fils d'un père qui, après s'être converti d'une volonté réfléchie, avait renoué avec Rome et rappelé les Jésuites, et d'une mère qui avait conclu les « mariages espagnols », Louis XIII, tout pétri de croyance catholique, entendait, cependant, ne rien laisser perdre de son droit royal. Le souverain qui prendrait La Rochelle et qui consacrerait son Royaume à la Vierge par le fameux « Vœu de Notre-Dame », s'il ne tolérait autour de lui aucune impiété, ne se plierait à nul fléchissement.

Près du ministre, nous avons vu les entourages qui s'étaient rangés et alignés, en quelque sorte, pour le combat chrétien et catholique à la française : c'étaient des prélats comme Du Perron, Retz, Bérulle (1), Sourdis et La Rochefoucauld, le Père Joseph,

(1) Pour se rendre compte de la façon dont l'entourage ecclésiastique se conduit au début, à l'égard -du ministre cardinal, il est utile de donner ici une lettre inédite, conservée dans les archives personnelles de Richelieu et entre les mains de la famille, parmi les papiers du cardinal, lettre qui lui est adressée par Bérulle, le 26 décembre 1624 : « Il y a un mois que je suis à Dijon, où j'ai appris le changement arrivé. (Richelieu au pouvoir.) Il y a quelque temps que je regarde cette année comme une année d'accidents et de merveilles. Elle a bien commencé et de bonne heure et continuera peut-être, si on sait tirer profit de ce coup de justice et de miséricorde tout ensemble... Je vous supplie très humblement me permettre vous représenter que le R. P. Joseph serait utile à Bordeaux en ces nouvelles rencontres ou à Paris, si on y revient. Si vous êtes du même avis, il seroit bon de le tirer hors des pensées de la guerre contre les huguenots, pour le présont; car il y a autre chose à faire maintenant. Je ne crains que cela en Mgr le cardinal de Retz; car je l'ai toujours vu affectionné au service du Roi, au bien de l'État

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